Les deux silos agricoles, faisant partie du paysage de la gare depuis des décennies, appartiendront bientôt à l’histoire ancienne. Situés de part et d’autre de la gare, les silos respectifs des deux coopératives agricoles, Sevépi et groupe Scael, sont aujourd’hui obsolètes et devraient être détruits. Ils connaîtront cette année leur dernière moisson et les deux coopératives se sont associées pour construire un silo commun à la sortie de Houdan.

« Au début, c’était simplement des petits hangars, et le silo comme il est a été construit en 1970, raconte Jean-Baptiste Hue, le directeur de Sevépi, du silo de sa coopérative céréalière. Aujourd’hui, ça paraît bizarre qu’il y ait des silos en plein milieu des villes à côté des gares, mais c’était une politique [des gouvernements] de l’époque, de favoriser le transport ferroviaire. »

Une réalité qui n’est plus d’actualité aujourd’hui pour la coopérative Sevépi, comme pour le groupe Scael, propriétaire de l’autre silo situé à proximité immédiate de la gare de Houdan. Désormais, les récoltes sont plutôt transportées par « le camion ou le fleuve », souligne Jean-Baptiste Hue, qui précise que Sevépi dispose d’un silo fluvial à Limay et que « la coopérative transporte plus de 40 % de ses marchandises par la Seine ».

L’emplacement des silos en centre-ville n’est donc plus pertinent, et rendrait même compliquée la manœuvre des camions s’y rendant. « La politique de la coopérative est de quitter les centres-villes pour s’installer en périphérie des villes […], apprend pour sa part Jean-Baptiste Hue. On n’a pas vocation embêter nos concitoyens au pied d’une gare comme ça. »

Ce dernier, et Damien Vanhalst (SE), conseiller municipal à Houdan, lui-même agriculteur, soulignent également que les deux silos sont désormais « obsolètes ». Et Damien Vanhalst de préciser : « Ils ne sont plus du tout adaptés aux conditions actuelles [et] aux véhicules actuels que ce soient les remorques, les bennes… »

« Dans quelques années, ne resteront des silos que leur présence dans les cartes postales anciennes du quartier de la gare », indique la Ville de Houdan dans une publication sur Facebook.

Autant de raisons qui ont poussé les deux coopératives, Sevépi et groupe Scael (que la rédaction n’a pas réussi à joindre avant publication de cet article, Ndlr), à se séparer de leurs silos et imaginer un nouveau projet. « Les justifications que je vous ai données pour Sevépi, la Scael a les mêmes, confirme Jean-Baptiste Hue. Il sont aussi en centre-ville, ils ont aussi un silo ancien, donc assez vite, on s’est dit : pourquoi on ne ferait pas une installation commune. »

Les deux coopératives, qui collaborent déjà sur d’autres dossiers, ont donc lancé un projet d’un nouveau silo via une union de coopérative. Le chantier a déjà débuté, le long de la route de Saint-Lubin, à la sortie de la commune. « C’est un projet de cinq millions d’euros », confirme Jean-Baptiste Hue. Cette somme devrait être répartie à « 80 % » pour Sevépi et à « 20 % » pour le groupe Scael, « parce que l’activité, aujourd’hui, sur les deux sites, est bien plus importante chez Sevépi qu’à la Scael », détaille le directeur de la première.

« L’idée est d’investir pour les 50 ans qui viennent parce que le silo va être très moderne », prévient le directeur de Sevépi. Il ajoute que le silo « répondra à de nouvelles spécifications » et permettra de « faire des lots spécifiques » pour les meuniers : « On pourra […] donc mieux répondre aux différents clients. » Ce silo sera opérationnel pour la moisson de l’année prochaine, la récolte 2018 sera donc la dernière que connaîtront ceux de la gare.

Une fois que les deux coopératives auront quitté leur silo actuel, des négociations vont avoir lieu entre la commune, la Communauté de commune du pays houdanais (CCPH) et la SNCF qui est propriétaire des terrains, pour imaginer l’avenir du site. Les différents acteurs du dossier confirment que les silos seront détruits, et la municipalité souhaite qu’un projet d’ensemble pour le site soit élaboré. « Dans quelques années, ne resteront des silos que leur présence dans les cartes postales anciennes du quartier de la gare », indiquait d’ailleurs récemment la ville de Houdan dans une publication sur Facebook.