Pour les locataires de Vilogia, dans le quartier de Beauregard, cela a été la goutte de trop. Que ce soient ceux concernés par le chantier de réhabilitation ou ceux de la place Corneille, ils étaient environ une centaine à faire part de leur colère envers le bailleur social lors d’une récente réunion au centre social André Malraux. Ils estiment subir des désagréments quotidiens et de facto une régularisation injustifiée.

Il y a un an, le directeur général adjoint d’Île-de-France, Etienne Charrieau, répondait aux locataires concernant les problèmes causés par la réhabilitation des immeubles, c’est cette fois-ci autour de la régularisation des charges que les doléances étaient exprimées. Les locataires reprochent notamment au bailleur des montants trop élevés au regard des prestations effectuées. Vilogia s’est engagé à geler le paiement de cette régularisation tant que les contrôles de ces montants n’ont pas été réalisés.

Au début du mois, c’est avec stupeur que les locataires ont reçu le montant de la régularisation sur les trois dernières années. Avec pour échéance de paiement, la fin du mois. « C’est illégal, on vous demande de ne pas payer », rappelle Samira Tafat, référente du conseil citoyen du quartier, à l’initiative de la réunion. Le conseil a noté qu’en moyenne « 200 euros » étaient demandés, mais les sommes peuvent atteindre « 500 euros » dans certains cas.

Avant de questionner Etienne Charrieau : « Pourquoi trois ans ? Pourquoi ce dû ? Et pourquoi des écarts entre 20 et 50 euros selon les superficies ? » Des questions reprises par le public. « Avec l’ancien bailleur, on nous rendait de l’argent », regrette ce riverain.

Le conseil citoyen du quartier a noté qu’en moyenne « 200 euros » étaient demandés, mais les sommes peuvent atteindre « 500 euros » dans certains cas.

« Tous les mois, vous payez des provisions sur charges, détaille Etienne Charrieau. Si votre consommation est supérieure, il y a une régularisation. » Sur le principe, les locataires comprennent. Mais c’est la durée de cette régularisation, trois ans, qui choque. « Trois ans, c’est la loi Alur qui l’autorise », poursuit le directeur adjoint, tout en reconnaissant un « manque de rigueur » de la part du bailleur.

« Et du coup, on peut payer en trois ans aussi ? » ironise un locataire. « Des facilités de paiement pourront être négociées », répond Etienne Charrieau. Autre inquiétude, l’impact des travaux sur la consommation des locataires. « Quand les ouvriers interviennent, ils se branchent chez nous », s’inquiète une mère de famille.
Ces périodes de travaux n’auraient pas d’incidences sur les factures. « Quand on les fait, on compare la consommation avec une période normale, précise Etienne Charrieau. Si la consommation est vraiment supérieure à la moyenne, on écrête. »

Dernier point soulevé par les locataires, le choix des prestataires et la qualité de l’entretien du quartier. « J’habite depuis 17 ans place Racine, commente cette locataire. Et quand dans mes charges, on me facture une femme de ménage qui est passée quatre fois, ce n’est pas normal ! » Face à ces incriminations, le bailleur demande « des preuves », mais semble ouvert à la discussion.

L’amicale des locataires en passe d’être lancée

Elle était réclamée depuis plus d’un an par le conseil citoyen, mais également par le bailleur social. Une amicale des locataires devrait voir le jour très prochainement, en partenariat avec la Confédération nationale du logement. « C’est important, dans des cas comme cela, d’avoir des interlocuteurs pour contester les décisions », insiste Etienne Charrieau, directeur général adjoint d’Île-de-France pour Vilogia. Même son de cloche du côté du conseil citoyen. « Normalement, on ne devrait pas être l’interlocuteur privilégié », explique Samira Tafat, référente du conseil citoyen.