Le plan « Coeur de ville » avait été annoncé par le ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard le 15 décembre, il en a dévoilé les 222 communes bénéficiaires ce mardi 27 mars. Dans les Yvelines, sept communes ont été sélectionnées : Trappes, Rambouillet, Sartrouville, Poissy, Les Mureaux, Mantes-la-Jolie et Limay. Achères, Conflans-Sainte-Honorine et Saint-Germain-en-Laye étaient aussi candidates, mais ne toucheront pas cette manne destinée à aider les centres-villes.

Le gouvernement prévoit plus de cinq milliards d’euros sur cinq ans, soit en moyenne une vingtaine de millions d’euros par ville moyenne (de 7 000 à plusieurs dizaines de milliers d’habitants, Ndlr). Ces financements concernent l’habitat, le développement commercial, la mobilité et l’accessibilité ou la qualité des espaces publics. « Il va y avoir quelque chose en contrepartie », avertit cependant un maire de vallée de Seine, bon connaisseur des arcanes de l’Etat, croisé jeudi dernier.

Pour l’instant, les communes bénéficiaires ne boudent pas leur plaisir, y voyant une confirmation de leur action. « Voilà une aide que nous saluons et qui valide notre méthode ! », s’est félicité le maire de Poissy, Karl Olive (DVD). « Il consacre le plan de redynamisation local lancé l’an dernier, dont la réflexion a permis de dégager des axes de travail coïncidant avec les priorités gouvernementales », estime la mairie de Mantes-la-Jolie.

« La Ville attend de connaître les modalités techniques et financières de l’opération », poursuit-elle cependant, aucune commune ne connaissant à ce jour les sommes dont elle pourra bénéficier. « C’est une bonne nouvelle, ça vient s’ajouter au Département et à la communauté urbaine en termes d’aides, note le maire de Limay Eric Roulot (PCF). Ca fait des années qu’on travaille sur la requalification du centre-ville. »

Toutes les villes choisies en vallée de Seine ont en effet des plans déjà engagés. « Ca rentre dans un projet global avec l’arrivée d’Eole (le RER E, Ndlr) et la restructuration, de la Seine jusqu’au commissariat », observe ainsi le maire des Mureaux François Garay (DVG). A Conflans-Sainte-Honorine, candidate malheureuse de cette sélection gouvernementale, les élus étaient optimistes.

« Quatre ans que je travaille à la revitalisation du centre-ville, on pensait vraiment correspondre aux critères. Je ne vous cache pas que je suis atterré par cette décision, s’est ému son maire Laurent Brosse (DVD) jeudi dernier. On ignore pourquoi nous n’avons pas été sélectionnés. » Il a demandé à rencontrer le ministre. « On va peut-être réajuster ce que nous avions prévu de faire », lâche-t-il au passage du projet de réaménagement de l’artère commerçante du centre.

« Conflans est soit trop riche pour bénéficier d’aides publiques, soit trop pauvre pour mener à bien des projets d’envergure seule », poursuit l’édile.
« L’Etat ne peut pas continuer d’ignorer une ville de 35 000 habitants », proteste-t-il, s’étonnant également de « villes retenues dans le dispositif de l’Etat qui bénéficient déjà de subventions de l’Etat », évoquant « Trappes mais pas que… »

De l’autre côté de la Seine, à Achères, le rejet de la candidature de la commune est pris avec plus de philosophie. « Il faut espérer que cet appel à projets sera renouvelé, et qu’on sera dans la deuxième fournée des villes éligibles », remarque la première adjointe Suzanne Jaunet (LR). « Il fallait des villes plus structurées au niveau du commerce, précise-t-elle des raisons du refus. Dans un coeur de ville, il n’y a pas que le commerce, mais aussi le renouvellement urbain… »