L’ordre du jour du dernier conseil municipal le 27 mars, portait sur le vote du budget et l’approbation des comptes administratifs. Pour les deux groupes d’opposition, deux points ont fait particulièrement débat : l’augmentation des taux d’imposition communaux (voir encadré) et les subventions accordées à deux associations : l’association Sporting club a vu sa subvention remise à plus tard par la municipalité tandis que l’opposition s’est indignée du montant accordé à l’association Maison Camino.

Concernant cette dernière l’opposition craint qu’une situation « catastrophique », semblable à celle de l’Association jeunes Carrières (AJC). En janvier 2017, une perquisition avait été réalisée chez le président de l’AJC, soupçonné d’avoir détourné la subvention de 50 000 euros accordée par la mairie à des fins personnelles. L’enquête est toujours en cours. Le maire DVD Christophe Delrieu a assuré réaliser un « suivi beaucoup plus important de la Ville » quant à l’utilisation des subventions supérieures à 23 000 euros.

Si le groupe d’opposition Agir en commun pour Carrières notre ville, notre avenir s’est contenté de dénoncer « un manque de visibilité » sur les activités des associations incriminées et des subventions « excessives », l’offensive a été bien plus virulente du côté d’Anthony Effroy (FI), conseiller municipal du groupe Bien vivre à Carrières-sous-Poissy.

« Je note que l’assemblée générale de Camino s’est tenue le 1er décembre 2017 et les points à l’ordre du jour n’étaient que le renouvellement du bureau, fait remarquer ce dernier. Il n’y avait absolument aucune approbation des comptes associatifs ou de résultats d’activités. » Il demande que la municipalité soit « particulièrement attentive » à l’utilisation de cette subvention de 40 000 euros qui sera versée. « Toutes les associations qui touchent un montant élevé, supérieur à 23 000 euros, font l’objet d’un suivi beaucoup plus important de la part de la Ville, lui répond Christophe Delrieu. Elles sont aussi signataires d’une convention. » La réponse d’Anthony Effroy fuse : « Comme cela nous a protégés avec l’AJC. »

« Exactement ! », rétorque l’édile. Il poursuit : « Si vous votez une subvention sans convention vous ne pouvez pas réclamer des activités. Si vous votez une subvention avec une convention et si les activités ne sont pas réalisées, vous êtes en droit de réclamer le remboursement. » Les deux groupes d’opposition ont demandé à ce que le vote de cette subvention se fasse à part, ce qui leur a été accordé.

Le premier magistrat a souhaité également suspendre l’attribution d’une subvention à l’association Sporting club. « Nous avons avec Suzanne Charpentier (conseillère déléguée à la vie associative, Ndlr) quelques interrogations concernant l’association Sporting club pour lesquelles nous n’avons pas de réponses ce soir », explique-t-il de cette décision, évoquant un bilan financier non transmis.

«  Il doit bien y avoir des enfants qui sont licenciés, je trouve ça dommage de les pénaliser », s’indigne Anthony Effroy. « Monsieur Effroy, il y a deux minutes vous nous faisiez un discours fantastique pour nous demander de faire un suivi, rappelle Christophe Delrieu. Deux minutes plus tard vous nous dites que bloquer une subvention car il manque des éléments ça ne se fait pas. Vous êtes très contradictoire. » Anthony Effroy conclut, impassible : « Vous avez été moins rigide avec l’AJC. »

Les taux des impôts locaux relevés

Autre point générateur de débats lors de ce conseil municipal, la hausse des taux communaux. Le taux de la taxe d’habitation a été fixé à 18,50 % (contre 17,78 % en 2017) et celui de la taxe foncière à 30,17 % (contre 29,03 % en 2017). Le maire, Christophe Delrieu (DVD), justifie cette hausse d’impôts par la baisse de la dotation globale de fonctionnement : « Cette baisse est atténuée légèrement par la hausse de la population mais cela ne suffit pas. (…) Ce n’est pas facile d’avoir à actionner le levier fiscal. »

« Le produit des impôts directs a augmenté de 13 %  en 2017 », note Anthony Effroy, conseiller municipal d’opposition qui dénonce « un acharnement fiscal ». « Il n’y a pas que les taxes communales qui sont prises en compte dans ces impôts directs, souligne le maire, Christophe Delrieu (DVD). Les arrivées de nouveaux habitants sont aussi prises en compte. »