L’élaboration du Plan local d’urbanisme (PLU) de Courgent est-elle en passe d’être débloquée ? Comme l’avait relaté le Courrier de Mantes en février dernier, le conseil municipal est divisé en deux depuis plusieurs mois autour de ce sujet. Anciennement dans la majorité, les désormais opposants reprochaient au maire de vouloir rendre constructibles des terrains lui appartenant dans le but de les vendre. Lors du conseil municipal du 19 mars, l’édile a finalement fait marche arrière.

« J’ai dit que j’enlevais mes terrains (des zones constructibles du PLU, Ndlr). Je l’ai dit devant le conseil », annonce le maire de Courgent, Jean-Paul Baron (SE), qui estime que toute cette situation est « une histoire de fou ». Cette déclaration pourra-t-elle mettre fin aux tensions qui entourent les élus ? Lors du conseil municipal de juin dernier, cette affaire avait mené à une scission de l’unique liste municipale : une majorité a voté contre le document d’urbanisme. Directement concerné, le maire n’a pas pris part au vote.

Sur les dix élus, « maintenant, il y en a cinq d’un côté et cinq de l’autre », explique Jean Chevalier (SE) qui siège désormais dans l’opposition. Avant l’annonce du maire de son intention de ne plus rendre constructibles ses terrains, Jean Chevalier indiquait que son opposition était due au « fait que le maire s’obstine avec force à vouloir vendre ses terrains et à le dire ouvertement. C’est pour moi un problème d’éthique. »

Sur les terrains appartenant au maire, environ 6 000 m² en trois parcelles situées au-dessus de la rue de l’église, il était prévu de construire « environ six à huit maisons », d’après une présentation faite en novembre 2016. En plus d’une partie des élus, ce projet a également soulevé le mécontentement de riverains qui ont fondé une association fin 2016.

« Nous y sommes opposés parce qu’on n’a pas besoin de ces logements [et] ça viendrait dénaturer le village », estimait Frédéric Bergey, président de l’association de riverains, avant le dernier conseil municipal. Jean Chevalier assure par ailleurs que les actuels projets de lotissements sur la commune sont suffisants pour répondre au Schéma directeur de la région Île-de-France (Sdrif).

Des arguments que balaye le maire de Courgent quand il justifie son intention initiale sur ses terrains. « Ils sont au milieu du village, estime-t-il. C’est une dent creuse pour moi, il y a une route au-dessus, en dessous ; il y a l’eau, le gaz, l’électricité. » Jean-Paul Baron raconte avoir « demandé à ce que mes terrains soient dedans (dans le PLU, Ndlr) devant tout le monde ». Et assure : « Tout le monde était d’accord, et au moment de voter, ils ont voté contre. »

Sa récente déclaration de retrait a été bien accueillie par les opposants au projet, qui restent cependant vigilants. « C’est une bonne chose, on est heureux d’apprendre qu’il retire ses terrains, concède Jean Chevalier. Ce qui nous a gêné, c’est le fait qu’il ait refusé que cette nouvelle soit inscrite au procès verbal du conseil municipal. » D’après lui, « l’opposition, et tout le conseil, attend que le chantier du PLU reprenne ».

Frédéric Bergey reste également prudent. « Si ça se concrétise, c’est ce que nous attendions, confirme-t-il. Mais il y a eu tellement d’allées et venues sur ce dossier … Tant que ce sont des paroles, on a du mal à le croire. » Comme avant la récente déclaration du maire, le président de l’association de riverains attend toujours « une réunion pour mettre en forme le PLU ».

Réunion que ne semble pas pour l’instant vouloir organiser le maire de Courgent. « Ce n’est pas une obligation », insiste Jean-Paul Baron. Quant à l’élaboration de la nouvelle mouture du PLU, ce dernier estime que « ce n’est pas urgent, il n’y a pas le feu ». Et le maire précise qu’il ne s’agira « peut-être pas » d’un nouveau PLU, mais qu’il y aura « des retouches ».