Militants environnementalistes et salariés de la cimenterie Calcia à Gargenville ne s’étaient jamais retrouvés face-à-face pour débattre de leurs positions à propos du projet d’exploitation d’une carrière de calcaire à Brueil-en-Vexin. Vendredi 7 mars, à l’espace Guy Mainière, un débat organisé par le Parti communiste mantais a permis à la quarantaine de personnes présentes d’échanger autour de cette question.

Si salariés et militants sont tombés d’accord sur l’idée d’un combat « commun » à mener, des oppositions persistent, notamment sur la question de la reconversion de la cimenterie et l’emploi. « En 2020, il n’y aura plus de calcaire, la carrière pérennise l’activité, attaque Pascal Gaumer, secrétaire de la CGT de l’usine de Gargenville. Si la cimenterie ferme, ce sont 100 emplois qui sont rayés de la carte ! »

Face à Dominique Pélegrin, présidente de l’association environnementale opposée à ce projet (AVL3C-Vexin Zone 109, Ndlr), il le reconnaît : « C’est vrai on pollue, malgré les améliorations. » Le syndicaliste met en avant les « 45 millions d’euros », annoncés par Calcia à Gargvenville, pour la mise aux normes de l’usine en cas d’autorisation d’ouvrir la carrière. « Depuis 15 ans, un million d’euros par an est consacré à la réduction des émissions de particules », précise-t-il aussi.

« Cela ne vous choque pas que cela n’ait pas été fait il y a 15 ans ? », rétorque Dominique Pélegrin de la modernisation de la cimenterie. « Nous sommes les premiers à dire quand les évacuations de poussières ne devraient pas se faire, souligne un Pascal Gaumer souhaitant montrer que les salariés sont conscients de l’environnement. Tout n’est pas parfait mais tout n’est pas noir non plus. »

Dominique Pélegrin indique comprendre que les salariés défendent leurs emplois. « Elles créent de l’emploi autour de l’artisanat, du tourisme. Le projet de Calcia pourrait détruire 200 emplois », répond-elle cependant de la situation de l’emploi dans les communes rurales limitrophes de la future carrière.

« On ne demande pas la fermeture de l’usine mais sa reconversion, insiste un militant de l’association. Nous devons faire pression ensemble. » Un point de vue que ne partagent pas les quelques salariés de l’usine présents. « En raisonnant comme vous on déplace le problème », argue l’un d’eux. Un autre poursuit : « La reconversion n’est qu’une hypothèse, il n’y a aucune garantie. »

« Il ne faut pas que vous pensiez que l’on confond direction et salariés », note Guy Leroy, un militant de l’AVL3C, en s’adressant aux salariés présents qui expriment leur dépit : « On nous reproche tout. » Secrétaire de section du canton pour le PCF, Armelle Hervé s’interroge : « Comment peut-il y avoir convergence sur ces questions ? »

Conseiller d’opposition à Mantes-la-Jolie, Marc Jammet (PCF) évoque pour sa part un débat « passionné » et reconnaît être « tiraillé » entre les arguments des deux parties. « On s’aperçoit qu’en tant que citoyens, on est tous liés par les préoccupations environnementales », conclut Pascal Gaumer. Mais il insiste, à propos de la convergence de ces deux luttes-là : « Cela prendra encore certainement un peu de temps. »