« Vous avez plein de talent, franchement ! Dans la vraie vie, on a des entretiens qui sont moins bons que ça, ayez confiance en vous ! », assène le directeur de la Poste des Mureaux à un public suspendu à ses lèvres. Philippe Montigny, le regard intense, a des airs de coach sportif dans son discours. Face à lui, vingt-cinq élèves de l’Ecole de la 2e chance (E2C) des Mureaux l’écoutent conclure la matinée.

Quelques minutes plus tôt s’achevait la rencontre « job coaching » de ce mardi 10 avril, au sein du site des Mureaux. Les stagiaires de l’E2C sont souvent parvenus à séduire les représentants de plusieurs entreprises, lors de sessions de 25 minutes dans les conditions d’un entretien d’embauche. Malgré un manque d’expérience ou de formation, leur capacité à défendre leur parcours est appréciée par les recruteurs présents ce jour-là.

« S’ils sont motivés, c’est bingo pour nous. Il faut les prendre comme des bras supplémentaires, en réalité, explique Yannick Brevault, de l’entreprise Elior, multinationale de la restauration collective. Si on leur donne leur chance, ils nous le rendent aussi. » Il envisage ainsi de revoir Lablali, un élève muriautin, pour un stage au sein de son entreprise. « Ce n’est pas encore fait », tempère-t-il d’un sourire en coin.

Sur son site des Mureaux, l’E2C avance pour ses élèves, après dix mois d’accompagnement en son sein, 67 % de sorties positives.

L’objectif de cette demi-journée n’était pourtant pas « d’obtenir des offres de postes à la clé », précise Emilie Haquin, responsable de la communication de l’école. Dans les faits, il serait difficile pour les entreprises de ne pas prendre en considération ces potentiels salariés, assure-t-on du côté des recruteurs. « On a parfois tellement de mal à recruter », glisse le responsable muriautin de la Poste dans un soupir.

Sur son site des Mureaux, l’E2C avance pour ses élèves, après dix mois d’accompagnement en son sein, 67 % de sorties positives, c’est-à-dire vers une formation qualifiante ou un emploi. Dispositif initié par l’Etat en 1997 à Marseille, qui compte désormais 124 sites de formation, les E2C reçoivent chaque année 15 000 jeunes sans qualification et sans emploi pour les mener « vers une intégration sociale, citoyenne et professionnelle durable ».

Ce matin-là aux Mureaux, Lablali n’est pas le seul à avoir réussi à tirer son épingle du jeu. Théo, 21 ans, a décroché un entretien pour un stage de préparateur de commandes chez Options, société muriautine de location de matériel de réception. Après avoir échoué deux fois au bac et enchaîné les petits boulots, il reprend confiance. « Tout ça n’aurait pas été possible sans l’Ecole de la 2e chance », concède-t-il.