Pour la deuxième fois depuis sa création en 2016, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) participe à compenser les pertes d’agriculteurs locaux suite à des aléas climatiques. Cette fois-ci, l’aide vise les arboriculteurs de vallée de Seine. L’exécutif de GPSEO a indiqué réfléchir à des aides pour prévenir plutôt que pour soulager les dégâts, appelés à se reproduire compte tenu du réchauffement climatique.

Au printemps 2016, les exploitants avaient souffert de la pluie excessive. Avril 2017 a été ponctué d’épisodes de gels tardifs dans les champs. En vallée de Seine, les températures en-desssous de zéro ont engendré jusqu’à 80 % de pertes chez les arboriculteurs, pour un préjudice estimé à environ 500 000 euros. Quatre ont déposé des dossiers de calamité agricole auprès du Fonds national de gestion des risques agricoles (FNGRA).

Au dernier conseil communautaire, les élus ont voté une enveloppe de 25 000 euros, permettant une aide de 5 % des pertes, avec un plafond de 10 000 par exploitation. L’année précédente, suite aux fortes précipitations du printemps 2016, GPSEO avait déjà débloqué 55 000 euros pour compléter les indemnités du FNGRA destinées à 19 agriculteurs sinistrés, représentant des pertes estimées à près de 1,5 million d’euros.

« On sait que les aléas climatiques vont être de plus en plus nombreux », remarquait à l’époque la maire d’Evecquemont Ghislaine Senée (EELV). « Des échanges sont en cours avec la chambre d’agriculture, le Département et la Région pour envisager des mesures plus pérennes à titre préventif, comme des filets sur les arbres, a indiqué Fabienne Devèze, vice-présidente de GPSEO et maire de Morainvilliers, au dernier conseil communautaire. Ceux qui en avaient ont été bien moins impactés par ces problèmes. »

L’aide aux agriculteurs relève-t-elle de GPSEO ?

Lors du vote de la première aide de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) aux agriculteurs de vallée de Seine, en novembre 2016, le maire de Rolleboise, Maurice Boudet (SE), s’étonnait de voir la jeune intercommunalité subventionner les pertes des agriculteurs locaux. « Je comprends parfaitement la situation des maraîchers et agriculteurs cette année, il y a eu des pertes de production », résumait-il alors en préambule.

« Est-ce réellement de la compétence de la communauté urbaine ? », demandait-il cependant. « Je fais partie d’une commune où on a, lors des fortes pluviométries, des effondrements des fronts de falaise qui créent des dégâts pour les particuliers », donnait alors en exemple cet édile connu pour son franc-parler en conseil : « On arrive plus ou moins à les aider, mais je me demande si on on pourra solliciter des aides de la communauté urbaine ? »

Il s’attirait alors une réponse tranchée de la première vice-présidente d’alors, Sophie Primas (LR) : « L’agriculture, c’est du développement économique, c’est dans la compétence de la communauté urbaine. » Arboriculteurs et maraîchers, par ailleurs, ne peuvent plus s’assurer contre ces dégâts météorologiques. « L’assurence récolte est équivalente à 100 % de la valeur de leur récolte, c’est beaucoup trop cher, pointait-elle ainsi. Alors que les particuliers sont quand même indemnisés. »