Toutes deux font partie du paysage associatif mantevillois, l’une en sort brutalement, l’autre n’y tient plus que par un fil. L’Amicale des employés communaux est aujourd’hui une association-zombie, tandis que Zodiaque sport culture appelle aux dons. Dans les deux cas, des détournements de fonds présumés ont mené à des plaintes de leurs nouveaux responsables devant la justice. Au dernier conseil municipal, la majorité n’a pas renouvelé ses subventions à ces deux associations.

« Un des membres du bureau de Zodiaque a déposé une plainte au procureur de la République pour des détournements de fonds », indique le maire Cyril Nauth (FN) qui précise avoir des « indices suffisamment sérieux pour ne pas attribuer la subvention ». Début mars, le nouveau bureau de l’association lançait sur Facebook un appel au secours.

« Ceci est un SOS », écrit le bureau constitué suite au décès l’an dernier du fondateur de l’association, Patrick Dellière. « Nous ne pouvons vous garantir la continuité de l’association Zodiaque sport culture si nous ne recevons pas d’aide », alertent-ils en espérant « qu’une mobilisation se fera en mémoire de ce grand homme qu’était le fondateur de l’association ».

A l’Amicale des employés communaux, qui a tout de même bénéficié de l’avance de 25 % faite aux grosses associations (sans demande de sa part en 2018, Ndlr), il n’y a plus grand-chose à sauver aujourd’hui. L’association est en effet interdit bancaire, et donc en état de mort clinique, sa survie n’ayant été décidée par les nouveaux dirigeants que pour pouvoir porter plainte contre les détournements présumés.

Cette plainte vise la présidente et trésorière de l’Amicale jusqu’en décembre 2017, lorsqu’un nouveau bureau a été constitué pour faire face à la situation : des chèques payés, encaissés, pour des voyages ou repas jamais réalisés avec l’association. « Le banquier nous a dit qu’elle a fait de la cavalerie entre son compte personnel et le compte de l’amicale », résume la nouvelle présidente Colette Lavancier (et conseillère municipale d’opposition, Ndlr).

« J’avais des soupçons depuis à peu près deux ans », témoigne cette membre de l’Amicale depuis 1989. Début décembre dernier, avec d’autres membres du bureau, la future présidente découvre le pot au rose. Colette Lavancier estime le préjudice total à environ 13 000 euros, entre services jamais rendus et fournisseurs jamais payés. Les adhérents lésés, pour une bonne partie, ont aussi choisi de déposer des plaintes à titre individuel.