Ils ont essayé, mais ne sont pas vraiment parvenus à accomplir la quadrature du cercle que représente la création d’un Plan local de l’habitat intercommunal (PLHI) sans froisser personne. Tous les élus de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) saluent le sérieux du diagnostic réalisé par le cabinet Codra… mais certains regrettent clairement les obligations qui leur ont été fixées en termes de construction de logements sociaux.

Selon les derniers chiffres diponibles, les 405 000 habitants de GPSEO vivaient en 2013 dans 166 000 logements répartis à quasi-égalité entre maisons et appartements.

Selon les derniers chiffres disponibles, les 405 000 habitants de GPSEO vivaient en 2013 dans 166 000 logements, dont 93 % de résidences principales, répartis à quasi-égalité entre maisons et appartements. De 2018 à 2023, la communauté urbaine s’est fixé l’objectif, identique à celui établi par l’Etat, de 2 300 nouveaux logements par an érigés au sein de programmes immobiliers, dont près de 1 000 devront être locatifs sociaux (soit 38 % du total, Ndlr).

S’y ajoutent les 600 logements construits de manière diffuse par des promoteurs privés et des particuliers chaque année : près de 3 000 nouveaux appartements ou maisons devraient être construits en vallée de Seine chaque année. Concernant le logement social, le but à terme est de « stabiliser le taux » actuel de 28 %, « dans une logique de rééquilibrage territorial », précise une des orientations du diagnostic réalisé en vue de ce PLHI.

« Chacune des communes doit prendre en considération la problématique du logement et du logement social », estime le président de GPSEO, Philippe Tautou (LR).

« Il permet d’engager le rééquilibrage du parc au sein des territoires », a d’ailleurs confirmé au dernier conseil communautaire Jean-Michel Voyer (SE), maire de Hargeville et vice-président de GPSEO délégué à l’habitat et à la politique du logement. Suite à la présentation du PLHI, chacun des 73 conseils municipaux a jusqu’au 29 mai pour se prononcer, faute de quoi « l’avis des conseillers municipaux est réputé favorable », a prévenu le vice-président.

Certaines communes ne sont pas vraiment enchantées, en particulier concernant le « rééquilibrage » des logements sociaux souhaité par l’exécutif de GPSEO (voir encadré). « Je ne voudrais pas que Triel devienne la ville d’accueil de toute la communauté urbaine, je suis loin devant Conflans-Sainte-Honorine, qui est deuxième avec un peu moins de 500, s’insurge ainsi le maire triellois, Joël Mancel (DVD). On considère ma commune apte à recevoir toute la misère du monde… »

La réflexion n’est pas vraiment bien reçue par le président de GPSEO et maire de Verneuil-sur-Seine, Philippe Tautou (LR). « Je ne partage et je ne peux pas partager ton propos, chacune des communes doit prendre en considération la problématique du logement et du logement social, chaque commune s’est attachée à respecter les objectifs de la loi, lui répond-il. Il est impensable pour moi que des communes qui, pendant des années, n’ont pas voulu construire de logement, en particulier du logement social, reportent encore le fardeau sur d’autres communes. »

Ouvriers à l’Ouest, cadres à l’Est

Dans la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), selon son niveau socioprofessionnel, l’on ne vit pas au même endroit. « Le secteur Ouest demeure le plus large vivier d’ouvriers (23,8 % des actifs) » tandis que « les cadres, professions intellectuelles supérieures sont deux fois plus nombreuses à l’Est (26,8 % des actifs) », pointe ainsi le rapport établi en vue de la constitution d’un Plan local de l’habitat intercommunal (PLHI). De manière générale, la vallée de Seine perd des ouvriers et gagne des cadres depuis 2008. « Grand Paris Seine et Oise compte désormais plus de cadres que d’ouvriers », poursuit le rapport.

Paupérisation des locataires du parc social

Dans les logements sociaux situés dans la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, les ménages « disposent de revenus moins élevés que les moyennes départementale ou régionale », et « sont davantage sujets au chômage que les occupants des Yvelines », alerte le rapport établi en vue de la constitution d’un Plan local de l’habitat intercommunal (PLHI).

Toujours d’après le rapport, GPSEO « semble concentrer davantage de situations de précarité que les territoires environnants ». Il note aussi, comme dans toute l’Île-de-France, « une paupérisation du parc liée à l’arrivée de ménages rencontrant davantage de difficultés socio-économiques que ceux en place » expliqué par « une précarisation des demandeurs » et « des priorités d’attribution accordées aux publics les plus sensibles ».

Qui a le plus construit ? Qui va construire ?

Au palmarès des communes ayant fait sortir de terre le plus de logements entre 2009 et 2014, les gagnantes sont les plus peuplées. Dans l’ordre décroissant des augmentations : Mantes-la-Jolie avec 1 964 constructions (soit 11,1 % de la population, Ndlr), Poissy avec 1 159 nouveaux habitats (soit 9,3 % de la population, Ndlr), Conflans-Sainte-Honorine avec 1 734 logements (soit 8,7 % de la population, Ndlr), et enfin Les Mureaux avec 1 190 logments (soit 7,8 % de la population, Ndlr).

Chez les communes de moins de 30 000 habitants, les premiers constructeurs sont Mantes-la-Ville avec 1 331 habitations (soit 5 % de la population, Ndlr), Achères avec 1 173 nouveaux logements (soit 4,9 % de la population, Ndlr), et Limay avec 814 (soit 4 % de la population, Ndlr). Parmi les communes de moins de 8 000 habitants, celles qui ont le plus grossi sont Gargenville, Epône, Magnanville et Orgeval.

De 2018 à 2023, le rythme des constructions devrait un peu ralentir à Conflans-Sainte-Honorine et aux Mureaux, rester stable à Mantes-la-Jolie, et augmenter fortement à Poissy. En-dessous de 30 000 habitants, les communes qui construiront le plus sont Carrières-sous-Poissy (1 057 logements prévus, Ndlr), Andrésy (884 logements prévus, Ndlr), Triel-sur-Seine (748 logements prévus, Ndlr) et Verneuil-sur-Seine (842 logements prévus, Ndlr).

Logement social : qui doit construire ?

En 2025, toutes les communes de plus de 1 500 habitants d’Île-de-France devront compter 25 % de logements sociaux selon la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU). En vallée de Seine, le « rééquilibrage » entre villes ayant un parc social fourni et les 21 communes risquant des pénalités par déficit de logements sociaux sera massif pour certaines.

Conflans-Sainte-Honorine devra construire 393 logements sociaux vu son taux de 21,50 %, et Andrésy 313 avec un taux de 17,60 %. A Triel-sur-Seine, 9,90 % de logements sociaux, il faudrait théoriquement ériger près de 550 nouvelles habitations d’ici à 2023, très loin des 322 actuellement prévus. A Vaux-sur-Seine, aussi 9,90 % de logements sociaux, le besoin est fixé à 212 logements sociaux, alors que la commune n’en a programmé que 89 à ce jour.

A Villennes-sur-Seine, 7,40 % de logements sociaux, 34 sont prévus d’ici 2023 alors qu’il en faudrait 261. A Mézy-sur-Seine, au taux de 5,80 %, il manquerait une trentaine d’habitats sociaux en plus des 86 déjà programmés. Gargenville, avec un taux de 13,5 %, prévoit 142 logements sociaux, mais devra en construire le double pour respecter la loi. Enfin, Flins-sur-Seine, 4,30 % de logements sociaux, doit quintupler la production prévue pour parvenir à 284 logements supplémentaires.