Et de trois. Un dispositif expérimental de captation du dioxyde de carbone, ou « puits de carbone », sera installé dès la mi-mai par l’entreprise Suez face à la gare SNCF de Poissy. Il fonctionne grâce à des micro-algues absorbant ce gaz à effet de serre, et sera le troisième de ce type en France après des expérimentations lancées en 2017 à Colombes (Hauts-de-Seine), et sur la place d’Alésia, dans le 14e arrondissement de Paris.

La nouvelle a été annoncée lors d’une réunion de quartier le 9 avril dernier. Une colonne sera ainsi installée à côté de l’espace taxis, afin d’y capter le dioxyde de carbone émis par la circulation automobile. « Les micro-algues à l’intérieur de ce puits captent le CO2 présent dans l’air, détaille du dispositif Dimitri Langhade, directeur de l’agence Suez Yvelines. Une fois gorgées, elles tombent et sont évacuées vers l’usine d’épuration des Grésillons (à Carrières-sous-Poissy, Ndlr). »

En 2015, lors de la Conférence de Paris sur les changements climatiques (Cop 21, Ndlr), l’installation de puits de carbone artificiels en milieu urbain avait été présentée pour la première fois par Suez et l’entreprise Fermentalg, basée à Libourne (Gironde), spécialiste des micro-algues. Ces dernières, en culture dans l’eau, captent le dioxyde de carbone de l’air par photosynthèse afin de se nourrir. L’air est ensuite rejeté à l’extérieur, tandis que les micro-algues s’étant développées grâce au CO2 sont évacuées.

Une fois arrivées à la station d’épuration, ces micro-algues sont transformées en énergie consommée par les habitants. Selon Suez, un puits de carbone artificiel peut capter « entre une et 1 000 tonnes de carbone ». Le site d’implantation pisciacais a été choisi à cause de sa circulation importante. « Il nous fallait trouver un endroit pollué, précise Georges Monnier, adjoint en charge de la voirie et des bâtiments. Devant la gare, il y a énormément de circulation, elle est parfois interrompue. Cela nous a semblé pertinent. »

Initialement, la mairie souhaitait accueillir ce puits de carbone expérimental, colonne d’un mètre de diamètre pour trois mètres de haut, dans un endroit nettement plus symbolique. « On voulait l’installer au niveau de la collégiale, indique le maire DVD, Karl Olive, à la fin de la réunion publique. Mais il fallait l’autorisation de l’architecte des Bâtiments de France, que l’on a pas eu. » La municipalité a proposé un nouvel emplacement, lui aussi rejeté, avant que celui la gare ne soit avancé et validé.