En 2014, le FN avait trouvé 33 noms pour boucler sa liste aux élections municipales. Au pouvoir depuis quatre ans, la majorité frontiste a aujourd’hui des difficultés de plus en plus grandes pour venir en nombre suffisant afin de pouvoir tenir conseil en cas de départ de l’opposition. Lors d’une première convocation, il faut en effet réunir 17 élus pour atteindre le quorum à Mantes-la-Ville.

Facile pour une majorité de 22 élus ? Dans la plupart des communes yvelinoises, il est fort rare que les majorités ne réunissent pas toutes seules le quorum, même si cela se produit parfois en période de vacances. A Mantes-la-Ville, le quorum manque régulièrement. Parfois, l’opposition décide de quitter le conseil, ne lui permettant pas de se tenir : c’est ce qui s’est produit mercredi 4 avril dernier, engendrant un report d’une semaine du conseil (qui peut alors se tenir sans quorum, Ndlr).

« Que penser d’un maire qui organise des conseil municipaux, trois consécutifs, sans le quorum, et qui fustige l’absence d’un conseiller municipal d’opposition ? », a malicieusement demandé l’opposant Serge Gaspalou mercredi 11 avril, le maire Cyril Nauth (FN) lui ayant reproché son absence le 4 avril. « Heureusement que ce soir, il n’était pas nécessaire ! », lance à l’édile Eric Visintainer, conseiller d’opposition LR.

« Quand il y a eu la neige, il n’y avait pas le quorum, on est restés », indique l’ex-édile Monique Brochot de la bonne volonté de l’opposition. « Par notre simple présence, nous validons des décisions du maire alors que nous sommes contre, confie cependant l’ex-maire socialiste Annette Peulvast de certains départs. Le maire a, de toute évidence, de plus en plus de mal à rassembler sa majorité, il y a de plus en plus d’omni-absents… ce serait bien, aussi, qu’ils habitent Mantes-la-Ville. »

Une délibération votée malgré le départ de l’opposition

Depuis deux conseils municipaux, il voulait la faire voter, cette délibération portant sur le financement par la mairie des procédures d’un cadre municipal :il s’était estimé diffamé par un tract de la CGT de la municipalité distribué l’an dernier, lors du conflit social ayant opposé le syndicat et la majorité FN. Les élus de l’opposition ont eu la désagréable surprise de découvrir qu’elle avait bien été voté le 4 avril, alors qu’ils avaient quitté la salle du conseil en constatant l’absence de quorum.

« C’est comme si vous réunissiez dans votre bureau quelques élus de la majorité, et sous prétexte qu’il n’y a pas besoin de quorum, vous approuvez la délibération ! »s’est étranglé Eric Visintainer (LR). « Il y a un juge de paix dans ce genre de circonstances, c’est le contrôle de légalité (par la préfecture, Ndlr), a répondu le maire Cyril Nauth (FN). Je vous invite à l’alerter. »