Dans la salle de motricité de l’école maternelle des Mimosas, lits, balances, toises et attelles ont été installées. Ce vendredi 13 avril, un hôpital particulier a pris place, l’hôpital des doudous. Toute la journée, les 135 enfants répartis en cinq classes y ont apporté leur doudous pour les faire soigner. Rage de dents et fractures ont ainsi été prises en charge par neuf étudiants en troisième année de l’Institut de soins infirmiers (IFSI) mantais, géré par la Croix-Rouge.

Créé en Allemagne en 2000, le concept de « l’hôpital des nounours » a commencé à se développer en France en 2002, dans les centres hospitaliers universitaires et les facs de médecine. Il est aujourd’hui national, soutenu par les ministères de l’éducation nationale et de la santé. « Son but est de dédramatiser le monde médical auprès des enfants », détaille Myriam Ikken, directrice des Mimosas. Mais au sein de l’hôpital recréé, ce sont aussi les étudiants infirmiers qui ont appris à accueillir et rassurer de jeunes patients.

Une fois les symptômes consignés, le doudou est orienté dans l’un des services : dentiste, ophtalmologie, bloc anesthésie ou en IRM et radiologie.

« On va à l’hôpital ? », demande devant l’école à 9 h 15 une élève de petite section, nullement impressionnée, à son père. « Elle est super contente, explique ce dernier, de l’autorisation d’amener son doudou à l’école. Mais elle n’a pas forcément peur des médecins ou de l’hôpital. »

Une autre reste dans les bras de sa mère et regarde avec appréhension les espaces aménagés. « C’est une peureuse, sourit sa mère. Alors je reste avec elle, je discute pour la mettre en confiance. » Pari gagné, la petite fille rejoindra rapidement sa classe, peluche sous le bras et sourire aux lèvres.

Les étudiants se préparent également. « On ne va avoir que cinq minutes, voire moins par enfant », s’inquiète l’une. Leur petit groupe a réalisé les éléments de décor de l’hôpital, réduits et adaptés à la taille des enfants. « C’est leur première confrontation, confirme Rosa Lopes, responsable pédagogique à l’IFSI. Durant leur cursus, ils n’ont pas forcément accès à la pédiatrie, il leur manque des connaissances. » 9 h 35, les premiers patients arrivent. « Bonjour, moi c’est Mireille, se présente une étudiante à une enfant. Comment tu t’appelles ? Et Doudou, qu’est ce qui lui arrive ? » Avant de consigner les informations dans un carnet de santé, Mireille demande aux enfants d’évaluer la douleur de leur compagnon de jeux : la plupart montrent le niveau maximum.

« Durant leur cursus, ils n’ont pas forcément accès à la pédiatrie, il leur manque des connaissances », pointe Rosa Lopes, responsable pédagogique à l’institut infirmier de la Croix-Rouge.

Une fois les symptômes consignés, le doudou est orienté dans l’un des services : dentiste, ophtalmologie, bloc anesthésie ou en IRM et radiologie. Pas forcément les services les plus appréciés. « Dans l’imaginaire public, et pas seulement les enfants, la médecine et l’hôpital ont encore des connotations menaçantes, avec l’image de la piqûre », ajoute Rosa Lopes.

A l’école des Mimosas, la peur est encore présente chez certains, « surtout les tout-petits », détaille Myriam Ikken. Mais tous ont finalement participé aux soins de leur peluche, soignant pour la plupart des fractures et réalisant eux-mêmes les bandages. Avant de retourner en classe pour faire un coloriage, oubliant aussitôt l’hôpital factice.