Dimanche dernier à la Plaine des sports de Buchelay mise à disposition par la mairie, 75 compétiteurs d’une dizaine de clubs d’Île-de-France et des Hauts-de-France se sont affrontés pour la dernière épreuve interrégionale (avant la finale à Lille, Ndlr) de danse country, ou sa variante en solo, la line dance. Majoritairement pratiqué par des femmes qui plébiscitent la line dance, ce loisir autant que sport se détache aujourd’hui de la musique country.

« Aujourd’hui, c’est la danse qui attire », explique Cathy Duprat, coordinatrice de la Fédération française de danse (FFD), sous l’égide de laquelle se tenait la compétition bucheloise organisée par l’association Kaléidanse. La country et la line dance, intégrées seulement en 2009 par la fédération, représentent maintenant environ 10 % de ses plus de 80 000 licenciés. Mais « la country est très vaste sur le plan du loisir », précise-t-elle en avançant le chiffre de 100 000 personnes en France.

Cet important essor de la country est aujourd’hui d’abord porté par la line dance, arrivée en France dans les années 1990 avant de se généraliser une décennie plus tard. Dimanche, elle représentait une majorité des danseurs notés par le jury. « Quand on a commencé il y a 25 ans, il y avait autant d’hommes que de femmes, mais avec la line dance, qui permet de danser seul, on a été envahi de femmes ! », se souvient Cathy Duprat.

La country et la line dance représentent environ 8 000 des plus de 80 000 licenciés de la Fédération française de danse, mais serait pratiquée par environ 100 000 personnes en France

Professeure et présidente de l’association gargenvilloise Kaléidanse, Catherine Andrin, se forme à la country en 2005 à la demande de ses élèves. Si elle donne encore aujourd’hui des cours de claquettes et de danses de société, la majeure partie de son activité est constituée par la country et la line dance. Pourquoi cet intérêt ? « L’envie de danser, tout simplement, rapporte-t-elle. Et si on ne peut pas danser en couple, on peut danser en ligne également. »

Si Cathy Duprat, de son côté, se félicite de la croissance de cette pratique, elle regrette quelque peu que l’afflux de nouveaux danseurs détache la pratique de sa musique, la country. Si les compétiteurs ont encore l’obligation d’une robe pour les femmes, d’un chapeau de cow-boy pour les hommes, et de bottes pour tous, « ils n’ont plus du tout la culture musicale country qu’on avait », note la coordinatrice de la FFD : « On avait un plaisir immense à s’habiller western ! »

« Dans les premières divisions, on essaie et on arrive à maintenir la musique country », précise par ailleurs Cathy Duprat. Les musiques proposées aux danseurs dimanche dernier sont effectivement plutôt variées. « On danse sur des musiques country, et sur des musiques non country », explique Catherine Andrin. Elle met aussi en avant l’accessibilité de ce loisir et sport pour tous les âges, ses 70 élèves ayant de 13 à 50 ans.

Dix étaient en compétition dimanche, une trentaine participaient bénévolement à l’organisation de l’épreuve. Il sont venus à la country souvent un peu par hasard. « J’avais fait un peu de modern jazz et de la zumba, je cherchais quelque chose de différent », témoigne Nathalie Brancata. Cette Mantevilloise de 56 ans pratique depuis trois ans, elle apprécie « les chorégraphies » comme la « grande variété de danses », et l’ambiance « conviviale » entre danseurs.