Jeudi 26 avril avaient lieu dans le XIXe arrondissement parisien les Etats généraux de la Ville. Ce même jour, Jean Louis Borloo (UDI), ancien ministre de la ville, remettait au Premier ministre son rapport « Vivre ensemble – Vivre en grand la République ». Ces Etats généraux ont également été l’occasion de présenter les Parcours emploi compétence (voir encadré).

Les soixante pages de son rapport réalisent un état des lieux de la politique de la ville et de la situation en banlieue. « Il y urgence à s’occuper de tous les territoires qui n’ont pas les mêmes chances que les autres » explique-t-il.

Parmi ces constats, il déplore « trois fois plus de chômage » dans les quartiers difficiles et « deux fois moins de transports en commun ». Selon les recherches de l’ancien ministre, environ six millions d’habitants vivraient dans une « forme de relégation voire d’amnésie » de la nation. « Une partie de la population de ces quartiers qui avait réussi à progresser en est partie, ce sont des quartiers qui cumulent des difficultés et donc oui il faut remettre des moyens, il faut qu’il y ait de l’autorité publique » déplorait Anne Hidalgo (PS), maire de Paris, elle aussi présente à ces Etats généraux.

Ce rapport, est ainsi venu enrichir le plan présidentiel pour les quartiers prioritaires, attendu en mai. Mais il vient aussi à pic pour calmer la relation entre les maires des territoires défavorisés et le gouvernement. Catherine Arenou (DVD), maire de Chanteloup-les-Vignes, en tête de la colère des maires, était ainsi présente à ces Etats généraux. « Nos gamins ont été mis dans un projet d’échec programmé et ça, ça n’est plus supportable » détaillait-elle.

Les « PEC », les nouveaux contrats aidés, font déjà débat

La suppression des contrats aidés, décidée par Emmanuel Macron, avait fait grand bruit à la veille de la rentrée dernière. Ils seront désormais remplacés par les parcours emploi compétence (PEC). Ils seront moins nombreux, 200 000 contre 310 000 précédemment.

Ils se traduiront par un accompagnement beaucoup plus ciblé des acteurs qui en bénéficieront. En effet fini les entreprises, seules les collectivités locales ou les associations seront concernées. Elles devront proposer en plus de l’emploi, une formation et un accompagnement personnalisé. Une décision qui ne ravit pas les petites associations. Et pour cause, elles manquent de moyens. La prise en charge de l’Etat est diminuée pour chaque contrat. 

Avant, 75% du contrat était financé par l’Etat, contre 50 % pour cette nouvelle formule. Ce sera donc aux associations et collectivités de payer le reste à charge. Autre point négatif relevé par les concernés de ces PEC: il n’est pas toujours possible d’accompagner et former les bénéficiaires d’un PEC selon le métier choisi.