« La laïcité, on ne la coupe pas comme ça, elle repousse toujours ! », se félicite dans un éclat tonitruant le maire de Magnanville Michel Lebouc (DVG). Pour la seconde fois, après une première tentative en mars 2017, une ou plusieurs personnes se sont attaqués au premier arbre de la laïcité planté par l’Association des libres penseurs des Yvelines (Alpy) et la mairie… et pour la seconde fois, l’arbre est reparti. L’enquête, elle, semble au point mort.

Les quatre communes du Mantois (les seules à posséder des arbres de la laïcité, Ndlr), victimes des vandalismes de mars 2017, adoptent des stratégies bien différentes. A Magnanville, un second arbre a été planté, celui de Mantes-la-Ville a survécu et a pu être étayé, la mairie de Limay compte replanter cette année. Ce qui ne sera pas le cas à Rosny-sur-Seine, où la majorité municipale de gauche a été remplacée en 2014 par une majorité DVD menée par Michel Guillamaud.

Ce dernier, sans enthousiasme forcené, avait indiqué à l’Alpy ne pas être fermé à une nouvelle plantation. Ce n’est pas le cas de son successeur Pierre-Yves Dumoulin (LR), devenu maire suite à son décès en janvier dernier. Il avait été coupé ras suite à son vandalisme, il est maintenant retiré de la pelouse publique qui prolonge le parc du château, face à l’ancienne station-service au bord de la RD113.

« Il a été enlevé, et on n’a pas souhaité le remettre. Les communes où ça a été planté afffichaient clairement leurs opinions politiques (tous les arbres ont été plantés sous des majorités de gauche, Ndlr), ça ne correspond pas vraiment à mes idées, explique le nouvel édile rosnéen sans animosité. Non pas que je sois contre la laïcité, mais le symbole de l’arbre où on se met en rond, on se tient la main et on prie en silence, ce n’est pas trop mon truc. »

Le président de l’Alpy André Sylvestre (ancien maire de Magnanville, Ndlr) « respecte » la position du premier magistrat de Rosny-sur-Seine. L’Alpy avait porté plainte, comme au moins deux des communes concernées, et restent sans nouvelles de l’enquête théoriquement en cours. « Je pense que c’est un peu dans l’air du temps, de remise en cause de la loi fondamentale de la République, analyse-t-il des dégradations. Pour tous ceux qui sont attachés à ces valeurs, ce n’est pas admissible. »

Le son de cloche est identique chez le maire communiste de Limay : « Ca dénote une ambiance qui n’est pas bonne. » Eric Roulot indique vouloir replanter un arbre cette année car « on ne va pas laisser faire », mais aucune date n’est encore planifiée. Attaché à « ce principe de liberté », il rappelle que la laïcité « n’est pas un principe qui vise à retirer des droits à ceux qui sont engagés dans la religion, qui doivent pouvoir le faire comme ils le veulent dans la sphère privée ».

A Magnanville, le second arbre qui avait été planté suite au vandalisme du premier ne va peut-être pas survivre au second acte malfaisant : un arrachage pur et simple du sol. « Mes jardiniers sont en train d’essayer de le sauver », précise le maire Michel Lebouc. Aucun des deux arbres, encore en convalescence donc, n’ont été encore replantés. Mais ils le seront : le maire et son prédécesseur, président de l’Alpy, s’ils s’opposent régulièrement depuis 2016, parlent à ce sujet d’une même voix.