« Extrêmement dégradés. » La remarque du maire de Mantes-la-Jolie, Raphaël Cognet (LR), formulée au dernier conseil municipal en réponse au conseiller communiste Marc Jammet, n’est pas un euphémisme. Foyer ou résidence sociale, ces trois bâtiments gérés par les bailleurs spécialisés Adoma ou Coallia, rues Maurice Braunstein et de Buchelay, devraient connaître des démolitions-reconstructions, sur place ou presque pour deux d’entre eux, ailleurs pour le troisième.

Annoncés et travaillés depuis maintenant plusieurs années par les bailleurs concernés et les collectivités locales du Mantois, ces chantiers de grande envergure concernent, à eux trois, près de 600 chambres et studios. L’opération la plus avancée relève du bailleur Coallia, qui prévoit le dépôt d’un permis de construire d’ici à la fin de l’année pour son foyer de 91 chambres. Situé au fond d’un chemin partant de la rue de Buchelay, il doit être démoli une fois qu’un nouveau bâtiment aura été érigé à côté, sur les parcelles occupées par des jardins familiaux.

L’opération la plus avancée relève du bailleur Coallia, qui prévoit le dépôt d’un permis de construire d’ici à la fin de l’année pour son foyer de 91 chambres de la rue de Buchelay (photo).

« Comme on a la chance d’être propriétaire des jardins, on n’est pas obligé de faire des phases de relogement avant construction, commente Bernard Delpierre, directeur d’unité territorial dans les Yvelines pour Coallia. On va construire dans les jardins, et dès que c’est construit, on fait le tranfert et on démolit le foyer qui est au fond. » Pour l’instant, l’avenir de cette parcelle laissée vide par la démolition n’est pas connue, si ce n’est que Coallia ne souhaite pas en conserver la propriété.

Les propriétaires de jardins familiaux, eux, devront déménager. Ils pourront le faire rue Nungesser et Coli, en bordure du quartier du Val Fourré, où la municipalité mantaise a voté il y a plusieurs mois la création de nouveaux espaces de culture. « Les jardins familiaux seront reconstitués totalement ou partiellement, à un autre endroit dans Mantes, selon les négociations avec l’association qui gère les jardins », a indiqué Raphaël Cognet au conseil municipal.

A quelques mètres du foyer Coallia, celui d’Adoma, 228 logements, devrait également être démoli, mais le dossier est moins avancé. Le bailleur peine en effet encore à trouver une commune acceptant d’accueillir une cinquantaine de ces logements, dans le cadre du maintien de la totalité des places disponibles. Pour la municipalité mantaise, il est hors de question que ces logements soient réimplantés à Mantes-la-Jolie.

A quelques mètres du foyer Coallia, celui d’Adoma, 228 logements, devrait également être démoli, mais le dossier est moins avancé que pour les deux autres foyers.

« Il faut construire ailleurs, j’ai dit au préfet qu’on avait trois foyers de migrants sur notre territoire, et qu’il serait bien que d’autres communes participent à l’accueil de ces populations, a indiqué le maire au conseil municipal. Que l’accueil de ces populations se fasse dans des foyers en bon état, et que l’effort soit équitablement réparti entre toutes les communes. » Des discussions sont en cours avec la mairie de Gargenville, pour une éventuelle installation au nouveau quartier des Hauts de Rangiport.

« Sur la rue de Buchelay, le projet est assez clair, mais on ne sait pas où se réimplanter, l’enjeu n’est pas que de démolir, mais ça ne dépend pas que de nous, détaille en effet Julien Ars, directeur territorial des Yvelines chez Adoma, qui reste fort précautionneux tant le dossier a traîné ces dernières années. L’ensemble des partenaires autour de la table sont dans l’idée d’avoir une dynamique positive, mais tant que rien n’est signé, tout reste possible… »

La situation « paraît peut-être plus avancée », sans être définitivement planifiée, pour la démolition-reconstruction sur place des 279 logements du foyer Adoma de la rue Maurice Braunstein. Elle est ardemment souhaitée par la municipalité : « Nous avons dit à Adoma que nous souhaitions la démolition et reconstruction de Braunstein », a annoncé Raphaël Cognet au conseil. « C’est un signe plutôt encourageant », espère le directeur territorial d’Adoma.