« C’est tendu, imagines tu tombes. » Les yeux levés au ciel, le petit groupe de lycéens regarde un technicien Enedis simuler une intervention manuelle sur un poteau électrique. « Plus vous êtes lourds, plus vous vous enfoncez dans le bois et vous tenez », leur explique-t-il. La scène se passe le 2 mai dernier, sur le campus de l’école d’apprentis du bâtiment Itedec à Aubergenville.

Une soixantaine d’élèves, de l’Itedec mais aussi des lycées Jules Ferry à Versailles et Jean Rostand à Mantes-la-Jolie, suivant des cursus dans le domaine de l’électricité, ont assisté à plusieurs ateliers mis en place par le groupe des écoles des éco-activités (auquel appartient l’Itedec, Ndlr) et l’entreprise Enedis. Une façon pour cette dernière de recruter des alternants dans les métiers où elle a des difficultés à recruter, du fait des chantiers du Grand Paris.

« L’idée c’est de dire leur dire : postulez en alternance, venez chez nous, on recrute », détaille Carlos Montes, directeur territorial adjoint d’Enedis dans les Yvelines, de cette première opération sous cette organisation. Même si pour les lycéens présents, « on est au stade de l’information », poursuit-il. Selon lui, les difficultés à recruter ne seraient pas propres à Enedis : « C’est une région dynamique, il y a des grands chantiers et des tensions sur le marché de l’emploi. Peut-être qu’il y a beaucoup de concurrence, que ces métiers sont méconnus, je ne pourrais pas dire. »

Lui met plutôt en avant les « 100 à 150 recrutements par an », réalisés par la direction territoriale Île-de-France Ouest (qui comprend le Val-d’Oise, les Yvelines et les Hauts-de-Seine, Ndlr) de l’entreprise publique de gestion du réseau électrique. « On recherche surtout des techniciens polyvalents et des chargés d’affaires », précise-t-il.

« Ce sont des métiers qui évoluent », estime pour sa part Bouabdalla Khalifa, directeur délégué à la formation qui accompagne la classe de Première Métiers de l’électricité et des équipements connectés (Mélec) de Jean Rostand. Concernant cette matinée, il estime que « c’est une bonne chose, c’est une perspective d’un des métiers qu’ils peuvent exercer ».

Omar, 18 ans, et élève en Mélec, connaît déjà un peu ces secteurs d’activité. « Mon frère travaille dans la fibre optique », explique le jeune homme. La présentation d’ Enedis semble l’avoir convaincu, puisqu’il remplit une fiche d’informations pour demander à faire sa Terminale en alternance. « Un mois d’école, c’est égal à une semaine sur le terrain », résume-t-il.