A l’entrée du clos, quasiment au pied de la collégiale Notre-Dame, un cône orange tranche avec le vert dominant. Depuis 2004, l’association du Clos des vieilles murailles y cultive 160 pieds de vignes de cépage auxerrois (originaire de Lorraine, Ndlr) et produit son propre vin. Mais pour les adhérents, cet entretien devient de plus en plus difficile. Jets de déchets réguliers, comme ce cône de chantier, ou même des vols de plantations, contraignent ces passionnés a demander la présence de caméras sur le parking de la collégiale, que la municipalité envisage désormais.

L’été dernier, l’association a été victime de son premier vol, et a d’ailleurs porté plainte. Cinq pieds ont ainsi été dérobés. « Le premier a été arraché, massacré, se rappelle avec indignation Dominique Rollin, son président, présent ce mardi 8 mai avec deux autres adhérents venus appliquer des traitements phytosanitaires (respectant les principes de l’agriculture biologique, Ndlr). Pour les quatre autres, ils sont venus avec des outils. » Pour lui, l’objectif était clair : « C’était pour les replanter ailleurs. »

Les adhérents bénévoles passent chaque semaine pour nettoyer la vigne. « On remplit facilement un sac poubelle », commente l’un d’entre eux. Mardi, deux canettes de soda sont trouvées.

Les voleurs n’ont toutefois pas choisi le bon moment. « Ils les ont volés en août, les pieds étaient en pleine fructification, poursuit-il. Là, ils ont tué les pieds qu’ils ont volé. » Cinq pieds ont de nouveau été replantés ce printemps. « Nous avons quelques pieds en trop au chai, au centre Abel Lauvray, explique Dominique Rollin, en désignant une vigne plus frêle que ses voisines. Nous les avons transplantés et ils ont tenu le choc. »

Chaque année, l’association récolte plus de 500 litres, soit environ 120 bouteilles. Mais avec ces dégradations, la frustration est encore présente chez le président et les deux autres adhérents présents mardi 8 mai. « Ces pieds ont presque 15 ans, c’est des heures de boulot, précise Dominique Rollin. Cela vaut peut-être 150-200 euros en pépinière, mais ce sont des heures de passion qui sont anéanties. »

Les autres désagréments venant ternir l’image bucolique du flanc de coteau, majeurs cette fois-ci, sont les incivilités commises par les collégiens et lycéens scolarisés à proximité, qui profitent de la vue pour leur déjeuner en semaine, comme par les passants le week-end. « Ils viennent, ils jettent leur sac de Mc Do, détaille Dominique Rollin. Parfois on retrouve des cendres, des bouts de shit au pied des vignes, surtout après le week-end. »

« Ces pieds ont presque 15 ans, c’est des heures de boulot, précise Dominique Rollin, président. Cela vaut peut-être 150-200 euros en pépinière, mais ce sont des heures de passion qui sont anéanties. »

Les jeunes ne sont par ailleurs pas seuls à dégrader la parcelle, certaines personnes en profitant pour se débarrasser d’objets divers. « Une fois, on a trouvé des chaises en osier, un micro-ondes », énumère le président de l’association. Les adhérents bénévoles passent chaque semaine pour nettoyer la vigne. « On remplit facilement un sac poubelle », commente l’un d’entre eux. Mardi, deux canettes de soda sont trouvées. « On est passé il n’y a pas longtemps », détaille-t-il.

Alors, pour tenter de limiter ces jets de déchets et éviter de nouvelles intrusions, l’association a déposé plainte auprès de la police « pour formaliser les choses ». Elle a aussi récemment demandé à la mairie d’installer une caméra sur le parking, « pour l’effet dissuasif ». Une demande auquel indique réfléchir le maire mantais Raphaël Cognet (LR), dans le cadre d’une réflexion en cours sur de nouvelles implantations : « On a des petits cons qui jettent des trucs dans les vignes, une caméra est peut-être la solution. »