En septembre, la rentrée des classes à Carrières-sous-Poissy devrait être moins coûteuse qu’à l’habitude pour les familles des 950 enfants des écoles maternelles et des 1385 élèves en élémentaire. A l’exception du cartable, de la trousse et des agendas, toutes les fournitures scolaires seront en effet prises en charge par la municipalité. Celle-ci mettra également en oeuvre des séance de coaching indivduelles et collectives pour les collégiens décrocheurs.

« C’était un engagement de campagne, tout simplement, et même au-delà puisque c’était un de mes 15 engagements personnels », rapporte le maire Christophe Delrieu (DVD) de cette gratuité existant dans quelques communes, comme à Flins-sur-Seine par exemple. « Des écoles redemandaient du matériel par des listes données aux parents, poursuit-il des dotations actuelles de 37 euros en maternelle et de 36 euros en primaire. On a analysé les listes, on s’est aperçu que cela variait entre les niveaux d’une même école, et qu’il y avait des disparités entre écoles. »

Les dotations de la prochaine année scolaire sont donc relevées à 40 euros par élève de maternelle, et à 126 euros par enfant en école élémentaire. « Le fait de mettre en place les fournitures scolaires gratuites pose déjà un meilleur principe d’équité entre toutes les familles, au-delà de l’engagement de campagne, estime le premier magistrat. Ca peut faire une économie de 200 euros dans l’année pour un couple avec deux enfants. »

Pour deux collèges de la ville, il met en avant une mesure plutôt inhabituelle : l’aide d’un coach professionnel, dans le cadre du programme de réussite éducative. « Le coaching consiste à repérer des individus à la limite du décrochage scolaire, détaille Christophe Delrieu. Ce sera soit de manière individuelle, soit collective. » Selon lui, l’objectif est moins d’apporter une aide aux « apprentissages purs » mais plutôt « des réponses à des questionnements parfois complexes qui peuvent se faire dans la tête des ados auxquels les parents ne peuvent toujours apporter de réponse ».

Permettre un « retour sur impôts » ?

« C’est ce que j’appelle clairement un retour sur impôts », estime le maire de Carrières-sous-Poissy, Christophe Delrieu (DVD), des mesures présentées ci-contre. Elles sont en effet appliquées à toutes les familles, quel que soit leur niveau de revenus. L’un de ses opposants, l’ancien maire Eddie Aït (GE), porte sa critique sur l’augmentation de la fiscalité.

« On le fait pour tout le monde car il y a aussi des gens qui paient le maximum [des taux d’imposition] sur la commune, détaille Christophe Delrieu. A un moment donné, il faut qu’ils ressentent le service que peut leur apporter la collectivité. » Il avance donc la volonté de proposer « des services ouverts aux familles, pour tous et pas que pour ceux qui seraient dans la nécessité et qu’on soutient déjà ».

L’ancien maire et conseiller régional Eddie Aït (GE) y voit, lui, « un juste retour pour les familles qui sont victimes depuis près de trois ans d’un véritable matraquage fiscal par l’actuelle municipalité ».Selon lui, « aucun cadeau n’est fait à la population » car « cette décision de gratuité des fournitures est assumée financièrement par le contribuable carriérois et lui seul ».