« C’est bidon ! On a nos questions et ils arrivent avec leurs réponses! » A l’une des cinq tables de l’espace restauration du complexe sportif pisciacais Marcel Cerdan, l’exaspération se fait entendre. Ce mardi 15 mai, le PSG poursuit une concertation de grande ampleur, avec un atelier réunissant une cinquantaine de personnes, afin de définir les périmètres des futurs comités de riverains.

Cet atelier se tient quelques jours après la conclusion, fort positive pour le club parisien, du rapport de l’enquête publique complémentaire relatif à « la procédure de déclaration de projet et à la mise en comptabilité du plan local d’urbanisme (PLU) » du campus PSG à Poissy, sur les 74 hectares des Terrasses de Poncy par la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO).

L’atelier concernant les comités de riverains a réuni une cinquantaine de personnes venues de Chambourcy, Poissy, Feucherolles, Aigremont et Orgeval mardi 15 mai au soir.

Le rapport se dit en effet « favorable à la déclaration du projet, estimant confirmé le caractère d’intérêt général de ce dernier », comme il est « favorable à la mise en comptabilité du PLU ». C’est donc avec une certaine assurance que Jamal Riffi, le directeur immobilier du PSG, en première ligne dans ce dossier, s’est à nouveau présenté face « à ses futurs voisins » ce soir du mardi 15 mai.

Les comités de riverains ne devraient pas être composés de plus de « 20 personnes ». Le club espère qu’ils seront en place « avant l’été », avec de premières visites du chantier à l’automne. Pour rappel, un diagnostic archéologique est actuellement mené sur le site du futur chantier, son bilan devrait être connu d’ici à cet été. Pour l’instant, aucune découverte nécessitant des fouilles archéologiques n’aurait été faite, selon le club.

Le futur Campus PSG est situé sur 74 hectares aux Terrasses de Poncy, à proximité immédiate de la RD113 et de l’autoroute A13.

Comme lors des précédents ateliers, la part belle est faite aux interrogations des riverains, même si beaucoup ont déjà été évoquées. Parmi les cinq tables, composées pour la plupart par des riverains habitant à Orgeval, Poissy, Chambourcy, Aigremont et Feucherolles, quelques farouches opposants au projet du centre d’entraînement du PSG, dont l’un brandit la menace d’une procédure judiciaire.

Avec ces militants associatifs rompus aux processus de concertation, l’esprit de « convivialité » voulu par le club dans ces ateliers ne se fait pas toujours sentir. « Nous ne sommes pas obligés de mettre ce type d’ateliers en place, vous savez, lisse Jamal Riffi, qui se défend contre toutes les accusations, point par point (voir encadré). Nous avons souhaité continuer à échanger de façon très constructive. Si on a deux ou trois trublions sur 60 personnes… »

Aigremont craint le bruit, les écologistes la pollution

Si les très nombreux ateliers et sessions de concertation organisés par le PSG ces derniers mois ont désamorcé la plupart des critiques, deux grandes oppositions persistent. La première concerne les inquiétudes des habitants d’Aigremont, commune située à quelques mètres de l’entrée des joueurs professionnels, par rapport à l’afflux de supporters venus voir les footballeurs. Le PSG a indiqué que l’affluence restait très limitée au Camp des loges, y compris les jours de matchs.

La seconde critique vise la pollution, elle est portée par les associations Bien vivre à Vernouillet et France nature environnement (FNE) 78. Ces dernières dénoncent l’emplacement des Terrasses de Poncy comme « un point noir environnemental » dont elles allèguent l’existence par les nuisances sonores et la pollution de l’air causée par les axes routiers, ainsi qu’une éventuelle pollution des sols.

« Les associations qui nous mettent en cause ne citent jamais le rapport sur lequel elles se basent », répond Jamal Riffi, directeur immobilier du PSG, évoquant l’avis favorable donné au projet par la Mission régionale d’autorité environnementale. « J’ai demandé aux autorités de l’État qu’elles me procurent les rapports de l’étude de sol qu’elles ont faites, et elles n’en ont fait aucune, insiste-t-il par ailleurs. Nous sommes les seuls à en avoir fait et il n’y a aucune pollution des sols. »