Du quotidien dans le quartier mantais du Val Fourré aux lustres de la préfecture des Yvelines à Versailles, c’est en somme ce qu’ont vécu les élèves de 5e du collège Louis Pasteur, situé à Mantes-la-Jolie, mercredi 16 mai. « Ils vivent pour la plupart en plein cœur du Val Fourré », explique la Conseillère principale d’éducation (CPE) du collège, Maria Geusa.

Ces quelques élèves sont reçus à la préfecture pour recevoir un prix après leur participation au concours « Vivre la laïcité à l’école », qui a regroupé 800 participants. Il était organisé par l’Observatoire de la laïcité des Yvelines, qui réunit associations et syndicats du secteur éducatif. « On a réalisé une vidéo sur la laïcité et on a gagné », explique simplement une des élèves récompensés.

Avec eux, ont été primés plusieurs autres écoliers et collégiens venus : du collège André Chénier à Mantes-la-Jolie, de l’école élémentaire Emile Zola aux Mureaux, et du collège les Châtelaines à Triel-sur-Seine en partenariat avec l’école Jean Jaurès des Mureaux. Au pupitre d’une des salles de réception de la préfecture, les discours s’enchaînent.

Celui de Noura Kihal-Flégeau, sous-préfète chargée de la politique de la ville, interpelle. « La laïcité fait partie pleinement des valeurs de la République, définit-elle face au public composé d’élèves, de leurs parents et de membres des équipes éducatives. C’est un besoin fort depuis les attentats de 2015. La laïcité, c’est le respect, la tolérance et la dignité. »

Ce concours sur la laïcité se déroule tous les deux ans, il avait été lancé lors de la rentrée de l’année scolaire 2015-2016, quelques mois après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher de la porte de Vincennes, survenus à Paris en janvier 2015. Ce n’est pas vraiment un hasard, selon Pierre Fraudeau, de l’association départementale des pupilles de la République, association membre de l’Observatoire de la laïcité des Yvelines.

« L’école n’est pas déconnectée de la société, il s’agit d’un ensemble, analyse ainsi le responsable associatif. C’est devenu impératif après les attentats. » De la forte présence des établissements de vallée de Seine, il explique que les « écoles et collèges décident ou non de participer car il y a des enseignants plus ou moins touchés par ce thème ».

« Je ne crois pas que le terrorisme et la laïcité soient liés », tranche pour sa part Maria Geusa. Certes, l’établissement a « eu des gamins fichés S qui sont allés en Syrie », note la CPE du collège mantais. « On n’est pas à l’école pour éviter que les gamins ne deviennent des terroristes, c’est ridicule de penser ça, s’agace-t-elle cependant. Oui, il y a du terrorisme dans les quartiers, mais c’est un autre débat. »

Dans les établissements des Mureaux, fortement représentés en cette journée de récompenses, la participation à ce concours n’était pas liée non plus à la prévention du terrorisme. « Si c’était aussi simple que ça, on l’aurait fait avant », fait remarquer Pierre-Alexandre Clément, directeur du collège Jules Verne.

« Le terrorisme ne faisait pas partie de la réflexion. On voulait créer le terreau de la construction de la République avec des moments riches en émotion », assure Maria Goetz, inspectrice de l’Education nationale aux Mureaux, à l’origine de la participation des établissements muriautins. « Pour faire vivre la laïcité, il faut d’abord l’avoir vécue. Ça passe par des moments forts, explique-t-elle. Huit cents élèves vont par exemple chanter la Marseillaise le 5 juin prochain aux Mureaux. »