Dans un contexte de désertification médicale, les maisons de santé sont de plus en plus perçues comme la panacée par les élus dont les administrés ne trouvent plus à se soigner. Les projets de construction ou d’aménagement de lieux regroupant les professionnels de santé se multiplient, des communes importantes comme Mantes-la-Jolie et Poissy aux villes moyennes telles Rosny-sur-Seine ou Aubergenville. Ils sont lancés par les municipalités ou par les médecins eux-mêmes.

Lundi 14 mai, l’inauguration médicale d’une nouvelle maison de santé aux Mureaux marquait une différence : elle est financée par un investisseur privé du secteur de la santé en vallée de Seine. « Il me fallait une tête de pont aux Mureaux », glisse Arnaud Dalbis, qui investit là 3,6 millions d’euros. Le groupe Fineve, dont il est le patron, possède déjà plusieurs cliniques à Evecquemont, à Aubergenville, ainsi qu’à Mantes-la-Jolie.

Nommée Philippe Marzé, située rue Aristide Briand, elle accueille neuf médecins généralistes, cinq infirmières, une pédicure-podologue, trois psychomotriciennes, deux psychologues, et une conseillère et thérapeute conjugale familiale. A deux pas de cette maison de santé, les patients disposent d’une pharmacie, d’un cabinet de radiologie et des soins de deuxième recours, dispensé par des médecins spécialistes.

Grand avantage pour la maison médicale Philippe Marzé : elle se situe en zone franche. Les médecins bénéficient donc d’un avantage fiscal non négligeable.

« Il y avait une demande de la mairie, […] une demande des médecins et un besoin auprès du public », résume Arnaud Dalbis de ce projet, souhaité par le maire François Garay (DVG) depuis « six ou sept ans ». Il estime cependant que cette initiative n’est pas forcément une excellente affaire d’un pont de vue purement financier. « Tout le monde se rue dans les maisons médicales comme si c’était le nouvel eldorado, mais ce n’est pas un investissement de premier ordre », explique-t-il.

Sur ce nouveau marché, la concurrence ne provient selon lui pas des autres investisseurs privés, mais d’abord des collectivités locales. Elles investissent en effet massivement afin de conserver ou gagner des médecins, et proposent des tarifs aussi bas qu’est forte la raréfaction des médecins. « Ils font payer, par exemple, 14 euros le mètre carré aux praticiens, quand moi, mon prix de revient doit être à 26 euros, analyse Arnaud Dalbis. Un promoteur immobilier ne peut pas rivaliser. »

Son investissement aux Mureaux a d’ailleurs été réalisé avant que les municipalités n’investissent elles aussi dans les futures maisons de santé. Grand avantage pour la maison médicale Philippe Marzé : elle se situe en zone franche. Les médecins bénéficient donc d’un avantage fiscal non négligeable qui leur permet de « rentrer dans leur calcul financier », complète le promoteur immobilier.