Jeudi 24 mai, Les Mureaux, rue Colazé, à quelques pas de l’église Saint-Pierre Saint-Paul, les riverains croisés connaissent bien la situation. Les sorties des élèves des trois classes de maternelle de l’école Sainte-Marie et des cinq classes de primaire, respectivement à 16 h 15 et à 16 h 30, engendrent une effervescence automobile et piétonne dans cette rue habituellement tranquille.

Comme à Mantes-la-Jolie, à Conflans-Sainte-Honorine et dans bien des communes des Yvelines, les sorties de certaines écoles, collèges ou lycées engendrent des attitudes peu civiques au volant. Certains parents stationnent ainsi au mépris de la réglementation, et surtout de la sécurité, dénoncent à intervalles réguliers les riverains de ces établissements. Leurs élus répondent par la sanction, la discussion, mais déplorent la difficulté de changer certains comportements.

« La rue est un vrai danger à cause des parents qui se garent n’importe comment pour aller chercher leurs enfants à l’école, les piétons doivent les esquiver et se retrouvent sur la rue !», s’indigne ainsi une riveraine de la rue Colazé croisée jeudi 24 mai. Plusieurs riverains expriment leur mécontentement dans un courrier adressé le 7 avril au sous-préfet de Mantes-la-Jolie (qui renvoie au maire des Mureaux dans sa réponse, Ndlr).

« Régulièrement, la rue Colazé est occupée sur toute sa longueur, y compris la piste cyclable, par des voitures qui stationnent d’office, hors de tout cadre légal, là où les enfants, les piétons, les parents avec leurs poussettes devraient circuler en toute sécurité, déplore la missive envoyée au représentant de l’État. Même les entrées et sorties de garages sont systématiquement bloquées en toute illégalité. »

Ils s’interrogent : « Faudra-t-il attendre un accident grave pour que les responsables des collectivités territoriales réagissent ? » Dans la voie à sens unique, « on se gare comme on peut », témoigne une mère de famille stationnée. Consciente de l’interdiction, elle se justifie par le besoin de sécurité. « Je dois ramener cinq enfants à la maison, si je me gare plus loin, je dois jongler entre les voitures, avec les enfants et la poussette, poursuit-elle. Se garer ici coûte 35 euros d’amende, alors que sur les pistes cyclables le long de l’école, c’est 135 euros. »

A Conflans-Sainte-Honorine, lors d’une récente réunion autour de la sécurité routière, un retraité s’émouvait lui aussi de ces incivilités scolaires auprès de Pierre Papinet, adjoint à la sécurité. « Pour déposer les enfants, les parents d’élèves se garent sur la gauche, sur la droite des chaussées, dénonce-t-il. On ne peut plus sortir de chez nous en voiture, mais aussi à pied, nous sommes obligés d’être sur la route. »

La situation est similaire au pied du centre-ville de Mantes-la-Jolie, cette fois-ci avec certains parents d’élèves de l’établissement privé Notre-Dame. Le 15 mai dernier, lors d’une réunion municipale organisée à l’école Lumière, une riveraine interpelle le maire Raphaël Cognet (LR) comme l’assistance. « Des parents laissent descendre leurs enfants côté route, ça devient de plus en plus risqué », regrette-t-elle.

« On a mis énormément de procès-verbaux devant Notre-Dame depuis un an et demi », détaille l’édile mantais de l’action municipale en la matière. Il poursuit : « Les représentants de parents d’élèves sont conscients du problème, et nous disent qu’il s’agit de 10 % des gens, qui embêtent les 90 % restants. » Il admet une certaine impuissance face à cet incivisme du quotidien : « Techniquement, on n’a pas de solution. »

A l’instar de son homologue mantais, le maire des Mureaux, François Garay (DVG), s’estime quelque peu démuni face au problème, fort répandu en vallée de Seine. « Si certains parents pouvaient rentrer dans l’école et reprendre leurs enfants après les cours, ils le feraient. A un moment donné, apprenons à marcher un peu. On ne peut pas faire de drive-school », analyse-t-il en souriant.

« On a essayé d’expliquer aux parents, on a essayé d’expliquer à l’école Sainte-Marie, mais aujourd’hui, il n’y aura pas de stationnements adaptés pour ça, détaille-t-il de la rue Colazé. Il y a des places de stationnement un peu plus loin, enjoint donc le premier magistrat aux automobilistes concernés. Il faut que les parents d’élèves s’y garent et marchent un peu plus. »