L’amphithéâtre du lycée Saint-Exupéry est plein à craquer ce vendredi 1er juin, et pour cause. Toute la journée, 450 élèves scolarisés dans le Mantois, de la maternelle à Bac +2, ont participé au premier challenge Manbot, organisé par la Délégation académique au numérique éducatif (Dane) de Versailles et l’association Canopée 78. L’objectif de ce défi où chaque classe programme son robot est notamment de proposer une première approche du codage informatique pour les plus jeunes, et d’y intéresser les adolescents, qui parfois ne connaissent du numérique que le jeu vidéo.

« Ils sont à fond », note de ses élèves Caroline Latouche, enseignante de grande et moyenne section à l’école des Lavandes, dans le quartier mantais du Val Fourré. Durant six mois, ils ont travaillé sur leur Bee bot, un automate ressemblant à une abeille, afin de réussir l’épreuve du plateau d’obstacles évolutif. La « Team Mars » pose le robot, le programme.

Il doit pousser la balle située à la sortie n°6. Un jury de quatre personnes évaluera sa trajectoire. Plus un bruit dans la salle. Le robot avance, tourne à gauche, à droite… et pousse la petite balle en mousse. Soulagement pour Caroline Latouche, mais aussi pour sa classe. « On avait recréé des pistes pour s’entraîner, ils pouvaient y aller en autonomie, souligne l’enseignante. Ils ont vite compris, aujourd’hui ils baignent dedans. »

Elle a également vu dans les petits automates jaunes et noirs une utilisation bénéfique pour l’apprentissage. « Au début, quand ils ne savaient pas coder, ils prenaient le robot dans leurs mains et se déplaçaient avec sur le circuit, explique-t-elle. Ils avaient de la difficulté à se repérer dans l’espace, prendre le robot leur a permis de visualiser ses déplacements. »

A l’école Pierre de Coubertin, dans le quartier mantais de Gassicourt, Othmane Mheni avait déjà anticipé cette évolution. « L’année dernière, je les ai fait travailler avec le logiciel Scratch (logiciel de programmation, Ndlr), explique l’enseignant en CM1-CM2. On avait aussi acheté un robot avec la coopérative scolaire. Cela leur permet de développer une pensée informatique, de ne pas aller au numérique seulement par le jeu. »

« On pensait que ça serait dur, mais au final, c’était plutôt facile », sourient Sarah et Mina. Cette dernière entre au collège l’an prochain et espère « pouvoir continuer ». Le challenge, manifestement réussi, a donc vocation à se pérenniser. « On espère en faire un événement annuel, détaille David Latouche, membre de la Dane. L’univers des utilisations possibles est très large, et on voit que les plus jeunes ont beaucoup d’imagination. »