« Je voulais vous apporter un panneau 80, mais c’est encore un peu rare », indique vendredi dernier le directeur de cabinet du préfet des Yvelines, Thierry Laurent, en arrivant au point presse qu’il organise. A partir du 1er juillet, comme dans le reste du pays, la vitesse maximale autorisée sera abaissée de 90 km/h à 80 km/h dans les Yvelines, soit 586,5 km de routes bidirectionnelles à deux voies sans séparateur central. Le gouvernement compte sur cette expérimentation, lancée sur deux ans, pour faire baisser le nombre de morts.

Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, les 105 panneaux yvelinois indiquant cette vitesse maximale seront remplaçés (pour un coût de « 30 000 à 40 000 euros », Ndlr). La nouvelle limite devrait également être intégrée aux logiciels de navigation GPS par des mises à jour. Deux radars automatisés sont également concernés dans le département, sur la RN191, à Allainville-aux-Bois et à Ablis. « Dans le doute, roulez à 80 kilomètres/heure », conseille Thierry Laurent aux automobilistes.

« Nous aurons une attitude pédagogique dans un premier temps », rassure Edix Lebeau, commandant de l’escadron départemental de sécurité routière.

Dans les Yvelines, le réseau secondaire a vu en 2016 se produire 125 accidents, pour 16 tués et 184 blessés, et en 2017 moins d’accidents, 105, qui ont fait 136 blessés et 18 morts (pour 49 tués au total sur l’ensemble du réseau routier des Yvelines, Ndlr). « La vitesse, même quand elle n’est pas à l’origine de l’accident, en accroît mécaniquement les conséquences », plaide le directeur de cabinet du préfet, entouré de responsables de la gendarmerie, de la police et de la Sécurité routière.

Sur les parties du réseau routier secondaire yvelinois touchées par cette mesure, deux des trois routes les plus dangereuses sont en vallée de Seine. Ces cinq dernières années, la RD922, de Meulan-en-Yvelines à Vaux-sur-Seine, a ainsi connu 18 accidents corporels dont deux tués et 13 blessés graves. Le décompte est de 17 accidents corporels, un tué, et dix blessés graves sur la RD113 d’Aubergenville à Orgeval.

« Je suis sûr que la mesure sera acceptée par tous dans deux ans, assure un Thierry Laurent plutôt confiant, qui évoque les précédentes mesures de sécurité routières telles que port de la ceinture ou radars automatiques. Rendez-vous dans deux ans pour des bilans chiffrés. » A l’instar de la mise en place des radars en grand nombre, « l’objectif est de faire baisser la moyenne des vitesses » sur le réseau routier « de manière systémique ».

Cet abaissement de 10 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les voies sans séparateur central ne concerne pas ceux dont la vitesse était déjà fixée à 80 km/h maximum.

Côté forces de l’ordre, la gendarmerie est en première ligne, veillant sur un territoire comptant la majorité des voies concernées. « Nous aurons une attitude pédagogique dans un premier temps », rassure Edix Lebeau, commandant de l’escadron départemental de sécurité routière. « Généralement, les contrôles faits par les gendarmes sont des excès de vitesse de 20, 30 km/h ou plus, on se concentre sur les grands excès de vitesse, les plus dangereux, rappelle-t-il aussi. Le but n’est pas de faire du matraquage. »

Par ailleurs, cet abaissement de 10 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les voies sans séparateur central ne concerne pas ceux dont la vitesse était déjà fixée à 80 km/h maximum. Les conducteurs novices, les poids lourds entre 3,5 et 12 tonnes continueront ainsi de rouler à la vitesse maximale de 80 km/h, et la vitesse ne sera pas abaissée à 70 km/h en cas de pluie sur les routes concernées par la nouvelle limite de vitesse.