« Il faut que le loto soit fructueux, communiquer qu’il faut absolument jouer. » Depuis que la bonne nouvelle de la sélection du château d’Issou dans son « loto du patrimoine » par l’animateur Stéphane Bern, la maire Martine Chevalier (SE) ne cesse d’enjoindre de jouer à ceux qui croisent son chemin. « Nous allons pouvoir sauver ce patrimoine qui fait partie de notre histoire et de notre identité », se félicitait-elle ainsi il y a quelques jours, à l’occasion d’une cérémonie de pose de première pierre.

Depuis son rachat par la municipalité en 1984, une partie du parc fait le bonheur des habitants, mais le château a continué à se dégrader, jusqu’à être fermé au public pour raisons de sécurité à partir de 2001. Une étude portant sur une restauration complète, rendue en décembre, évalue le chantier à environ cinq millions d’euros (la précédente estimation, pour une sauvegarde d’urgence du bâtiment, chiffrait les travaux à deux millions d’euros, Ndlr).

La semaine dernière, l’entreprise Taillard, de Jumeauville, a livré et monté sur la rotonde une charpente en chêne de sept tonnes, fabriquée à l’ancienne.

La municipalité, si elle considérait une restauration du château hors de son seul budget, et prévoyait d’ailleurs de lancer une souscription publique cette année, avait cependant engagé une remise en état progressive de ses dépendances. La semaine dernière, l’entreprise Taillard, de Jumeauville, a livré et monté sur la rotonde une charpente en chêne de sept tonnes, fabriquée à l’ancienne. Dernier des chantiers, lancé il y a deux ans, il devrait être achevé mi-juillet.

« A l’automne, nous lancerons les travaux d’urgence dans le château », indique Patrick Perrault (SE), premier adjoint aux travaux. Combien le chantier de restauration percevra-t-il de ces opérations de jeu à gratter et de loto ? « Aucune idée. Mais ça dépend aussi des joueurs de loto, et des généreux donateurs au niveau de la Fondation du patrimoine (une souscription publique sera ouverte pour chaque site retenu, Ndlr) »,
rapporte Martine Chevalier.

En septembre, un jeu à gratter et un « super loto »

A partir du 3 septembre prochain, la Française des jeux lance un jeu à gratter, dont les recettes seront dédiées aux 270 sites retenus par la mission de l’animateur Stéphane Bern. Le 14 septembre, veille des Journées européennes du patrimoine, un « super loto » avec 13 millions d’euros de gains sera tenu. Cette opération devrait être renouvelée chaque année pendant trois ans.

Douze millions de tickets grand format seront mis en vente à 15 euros, dont 10 % environ reviendront à la rénovation des monuments sélectionnés. Dans les Yvelines, un autre site a été retenu et même classé
« prioritaire » en Île-de-France : la villa Viardot de Bougival devrait donc voir sa sauvegarde entièrement financée par les recettes issues de ces opérations de mécénat.