« C’était chaud ce matin. Heureusement que je suis arrivé, avant que ça ne dérape entre les gendarmes et les petits du quartier », témoigne Ciré Diallo, 42 ans, président de l’association de riverains de la résidence du Parc et du petit parc, la mâchoire serrée, au matin du mardi 26 juin (la nuit suivante sera agitée dans le quartier, Ndlr). Depuis le début de la démolition du bâtiment G de la résidence du Parc, située rue Jules Ferry, le 11 juin dernier, les tensions sont quasi-quotidiennes devant le chantier, entouré par des grillages.

Les travaux ont d’ailleurs été arrêtés dès leur premier jour par les riverains, qui dénonçaient dans un courrier adressé au bailleur social Domaxis des mesures insuffisantes prises contre la poussière, et un risque d’éboulement sur un passage piéton. « Bravo pour votre attitude Monsieur Diallo, quand c’est bien, il faut le dire », félicite mardi un gendarme encore présent sur les lieux. Cet immeuble d’environ 200 logements est le dernier de la résidence du Parc, dont la démolition est prévue par le projet de réhabilitation de l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) depuis le milieu des années 2000.

Le problème, selon les riverains, serait que ces travaux engendrent de nombreuses nuisances pour les habitants, dont les premiers se situent à seulement 50 mètres du bâtiment G. Poussière, prolifération des rats et des pigeons dans le bâtiment G désormais inoccupé rendent leur quotidien difficile, déplorent-ils par le biais de Ciré Diallo, président de l’association des locataires de la résidence du Parc et du petit parc, qui regroupe plus de 200 membres.

A l’image de certains habitants du quartier pisciacais de la Coudraie, en chantier depuis plusieurs années, ces riverains d’Ecquevilly expriment le sentiment de ne pas être entendus, ni par Domaxis, ni par la municipalité. « Je ne veux pas entendre qu’il n’y a pas de communication ! Mon bureau est grand ouvert, s’agace le mercredi 27 juin la maire, Anke Fernandes (SE), au téléphone. J’ai passé presque toute la semaine à la résidence du Parc, je discute à droite à gauche, je suis présente dans le quartier même s’ils ne le voient pas. »

Depuis le début de la démolition du bâtiment G de la résidence du Parc située rue Jules Ferry le 11 juin dernier, les tensions sont quasi-quotidiennes devant le chantier, entouré par des grillages.

Elle confirme que la situation est tendue. « Il y a eu des dégradations cette nuit (du mardi 26 au mercredi 27 juin, Ndlr), des déchets ont été brûlés devant le chantier, indique-t-elle. La violence n’apporte rien de bon. » Le lendemain, Ciré Diallo apporte quelques explications. « On condamne les dégradations mais ça exprime un ras-le-bol, analyse-t-il. Les jeunes sont révoltés de cette situation et c’est de cette manière qu’ils s’expriment. Ils fallait s’y attendre. Les véhicules sont submergés de poussière… »

Plusieurs réunions ont déjà eu lieu avec le bailleur et des représentants de la mairie d’Ecquevilly. « Insalubrité de la résidence, manque de personnel d’entretien… on manque de tout ici ! On va pas revenir à l’époque de 2005, lance mardi matin un habitant de la résidence de 33 ans, casquette vissée sur la tête. On ne va pas se cacher, avant, c’était nous qui faisions les émeutes. On obtenait tout ce qu’on voulait avec de la violence et de l’intimidation, mais maintenant, sans violence et avec tous les dossiers qu’on a, on nous écoute même pas ».

La dernière réunion date du 18 juin, elle s’est tenue avec le bailleur et un representant de la mairie. « Les revendications des riverains pour arrêter le chantier sont toujours assez confuses pour nous, explique de son côté Benoit Charles, le responsable de l’antenne des Yvelines chez Domaxis. La sécurité des ouvriers sur le chantier est une vraie préoccupation pour nous ».

Quant à la prolifération des rats, il affirme « qu’ une dératisation curative du bâtiment G s’est tenue le jeudi 21 juin », mais prévient que l’opération n’aura vraiment de sens qu’une fois la démolition du bâtiment G terminée. « On peut pas exterminer tous les rats de la terre », lâche-t-il. Ciré Diallo, lui, ne se montre pas toujours pas convaincu, et affirme qu’il a envoyé un courrier à l’Agence régionale de santé (ARS) et au préfet des Yvelines.