« Merci de rendre les cheveux des filles plus brillants ! », plaisante la sénatrice LR Sophie Primas à la tribune. Lors de l’inauguration de l’unité de décarbonatation de l’usine Suez de Flins-sur-Seine, jeudi 28 juin, l’ancienne maire d’Aubergenville, qui a participé au projet au cours de son mandat d’élue locale, n’a pas manqué de rappeler un des bienfaits de l’eau douce.

Depuis le 1er juillet, 100 000 habitants de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), situés sur 23 communes principalement au Sud, bénéficient d’une eau du robinet moins « dure ». Au total, 500 000 habitants de l’Ouest parisien sont concernés dans 40 communes, pour une consommation de 120 000 m³ chaque jour. A Aubergenville, Poissy, Flins-sur-Seine ou encore Epône, l’eau est maintenant moins calcaire.

Le procédé technique est appelé décarbonatation. « C’est un procédé d’adoucissement de l’eau qui permet d’éliminer le calcaire en excès », se réjouit François Bernazeau, directeur grands projets chez Suez. Ce calcaire désormais récupéré par précipitation catalytique représente chaque année 3 800 tonnes de petites billes de carbonate de calcium (soit 18 kg de calcaire par an et par foyer, Ndlr), qui seront ensuite utilisées en remblai.

Depuis le 1er juillet, 100 000 habitants de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), situés sur 23 communes principalement au sud bénéficient d’une eau du robinet moins « dure ».

« Lors d’une étude de septembre 2015, 88 % des habitants des Yvelines estimaient qu’il était important de réduire la proportion de calcaire dans le robinet, et 92 % sont favorables à une solution d’adoucissement collectif de l’eau, assure Stéphane Cordier, directeur général adjoint de l’activité eau de Suez. Cette nouvelle unité éliminera les effets des excès du calcaire : surconsommation de produits adoucissants, surconsommation électriques des appareils de chauffage de l’eau, vieillissement prématuré des équipements et accessoires en contact avec l’eau. »

Cette unité de décarbonatation de 200 hectares a coûté 15 millions d’euros, financés intégralement par Suez. En contrepartie, la facture d’eau va augmenter de deux euros par mois, soit 24 euros par an et par foyer. Stéphane Cordier avance cependant un bénéfice économique pour les consommateurs d’eau, calcul que ne partage pas tout à fait l’association de consommateurs UFC que choisir (voir encadré).

Suez avance que les consommateurs d’eau vont acheter moins d’eau en bouteille, et voir leurs appareils électroménagers durer plus longtemps grâce à une eau plus douce : « Il y aura un gain de pouvoir d’achat net de l’ordre de 120 euros annuels par foyer, plus de confort pour tous les habitants, et c’est un impact sur le territoire car il y aura moins de détergents, moins d’adoucissants et moins de déchets plastiques. »