En 2020, de son bureau, Yann Scotte (DVD), le maire d’Hardricourt, devrait avoir une vue sur la place du village, créée de toutes pièces, et sur les 33 logements du projet Hardricoeur, réalisés par le promoteur Nexity. Un projet qui a suscité de l’inquiétude, mais sur lequel compte toutefois le premier magistrat pour avoir un véritable espace de rassemblement dans cette commune située sur un coteau de la rive droite de la Seine.

Il compte également sur la nouvelle mairie, située à quelques mètres, pour renforcer la vocation de lien social de cet espace au pied de l’église (voir encadré). « Depuis le Moyen-Âge, Hardricourt n’a jamais eu de place centrale, c’est même assez étonnant, fait remarquer Yann Scotte de la spécificité de cette petite ville de 2 100 habitants. Peut-être que le lavoir faisait office de lieu de rassemblement. »

Yann Scotte insiste sur les matériaux : « J’ai voulu conserver de la pierre du Vexin pour rester dans l’esprit d’Hardricourt et allier une vraie vieille pierre à quelque chose de très moderne. »

Hardricourt cependant comptait jusqu’à « huit cafés », indique-t-il comme une preuve de l’animation passée du centre-ville, contre « deux » aujourd’hui. Créer une place de village était « un vœu très appuyé » de la campagne électorale qui l’a vu être élu en 2014. Des initiatives pour tenter de faire revivre le centre-ville et animer les rues, souvent désertes, de la commune, ont déjà été menées : « Il y a deux ans, on a organisé le 14 juillet devant la nouvelle mairie, toujours dans cette idée de donner une centralité au village. »

Il a toutefois dû prendre la plume durant l’été pour rassurer les riverains concernant le projet Hardricoeur, proposé par le promoteur Nexity, et dont dépend la création de cette place. « Nexity avait organisé une réunion publique, mais ils étaient surtout là pour vendre du béton », se souvient l’édile. Si un projet de 90 logements était initialement dans les cartons du promoteur, ce seront finalement 23 logements en accession à la propriété, et 12 logements locatifs sociaux, qui seront construits en deux bâtiments.

L’aménagement de la place de la mairie et des espaces verts sera à la charge de la municipalité, pour un coût de 300 000 euros, à la place de deux maisons abandonnées depuis près d’une vingtaine d’années, et préemptées par la mairie. Yann Scotte insiste sur les matériaux utilisés : « J’ai voulu conserver de la pierre du Vexin pour rester dans l’esprit d’Hardricourt et allier une vraie vieille pierre à quelque chose de très moderne. »

Une sente piétonne supplémentaire, dans cette commune qui en compte beaucoup, sera également créée de la rue des Godeurs à la rue Emile Drouville, louvoyant entre les deux bâtiments. « Cela permettra notamment aux écoliers d’arriver jusqu’à l’école sans passer par la route », met en avant Yann Scotte (la précédente majorité municipale, devenue opposition, n’a pas répondu aux sollicitations de La Gazette, Ndlr).

La mairie attend désormais au niveau intercommunal la validation du plan local d’urbanisme, qui devrait être effective ce mois-ci, pour donner le coup d’envoi du chantier. « Cela devrait être terminé plutôt aux alentours de 2020 », détaille Yann Scotte. « Quand on crée cette dynamique d’agora, ça redynamise tout de suite, cela incite les gens à se rassembler, espère-t-il de son objectif. Si ma place de village pouvait faire cela, ce serait parfait. »

Proximité et économies dans la nouvelle mairie ?

La « vie de château » est définitivement terminée pour la municipalité hardricourtoise. « C’est un peu un retour aux sources », souriait le 25 août dernier le maire Yann Scotte (DVD), dans les locaux encore envahis de cartons de sa nouvelle mairie. Le lieu, ancienne école ayant ensuite accueilli, entre autres, le Club de l’amitié, avait déjà été mairie il y a plusieurs décennies.

« Nous avions envie de restituer un côté convivial, de proximité », explique l’édile de l’aménagement de la mairie. Au premier étage, les services, notamment l’urbanisme et l’état-civil, mais aussi le bureau du maire, « afin d’être plus accessible », détaille Yann Scotte. Il poursuit de la réorganisation : « Dans l’ancienne mairie, pour aller à l’état-civil, il fallait carrément traverser les services. Quand vous veniez déclarer la perte d’un proche, c’était un peu limite. »

Les bureaux des élus seront, eux, situés au deuxième étage, et partagés. « Ils sont moins présents », justifie de ce choix l’élu. Lui met surtout en avant les économies attendues de ce déménagement : « Il n’y a pas eu d’emprunt réalisé et en comparaison avec l’ancienne, je divise par quatre les coûts de fonctionnement. On dépensait 9 000 euros de fioul, ce n’était plus possible. »