C’est au sein de la cité Beauregard de Poissy, place Corneille, que cette Ecole du web, structure de formation associative, a pris racine. Ses premiers élèves y seront en formation à partir du 24 septembre, dans les 190 m² des anciens locaux municipaux de la Mission locale (déménagée ailleurs dans Poissy en 2016, Ndlr). Une douzaine de personnes, rémunérées au Smic, y seront formées aux métiers du numérique par deux formateurs, chaque année pendant dix mois. Un « fab lab » avec des outils de prototypage numérique a également été installé, il sera totalement libre d’accès.

L’association qui coordonne et gère les enseignements de la formation, c’est le Pôle S. Si celle-ci a déjà créé, en 2015, trois de ces chantiers d’insertion dans des quartiers populaires franciliens, décrochant en 2016 le label étatique de Grande école du numérique, c’est une première dans les Yvelines. « Ça marche bien dans les autres écoles », indique sa chargée d’accompagnement, Léa Ridel , lors de l’inauguration vendredi dernier.

Le numérique représente « 50 000 emplois à pourvoir en France dès aujourd’hui et 191 000 qui seront crées d’ici 2022 », poursuit-elle. « Cette école fonctionnera comme un CFA (Centre de formation et d’apprentissage) » se félicite Michel Dupart (LREM), adjoint délégué au numérique de la Ville : « Nous recruterons, via des tests, surtout à partir de la motivation du candidat, des personnes intéressées pour apprendre les ressorts de ces nouveaux métiers. »

Au programme : apprentissage, entre autres, de différents langages du code informatique, tels que HTML, CSS, Javascript ou PHP. Parallèlement, un espace de fabrication ou « fab lab », destiné à des jeunes de 9 à 15 ans, a été créé : « Les participants auront à disposition des outils et du matériel numérique afin de créer des objets, en développant leur esprit créatif », s’enthousiasme Michel Dupart. La nouvelle structure souhaite toucher « principalement des jeunes », assure la chargée d’accompagnement de Pôle S.

« Généralement, on propose aux personnes sans qualification, surtout dans les quartiers populaires, des formations dans les secteurs du bâtiment ou du nettoyage, analyse-t-elle. Nous voulons innover en proposant des formations dans un secteur porteur, vers des métiers d’avenir, en priorité pour des personnes sans diplômes. » Accessible à toute personne âgée entre 18 et 50 ans, cette formation certifiante vise des majeurs qualifiés de « Nife » (« Ni formation ni emploi », Ndlr ). « On souhaite changer le paradigme des formations » assure Léa Ridel.