Vendredi 7 septembre, ils avaient mis les petits plats dans les grands, en l’occurrence leurs entrepreneurs dans des voitures, pour venir rencontrer les responsables de l’IUT de Mantes-la-Jolie et de l’Institut des sciences et techniques des Yvelines (Isty). Pour l’espace Inneos, pépinière et hôtel d’entreprises accueillant une cinquantaine de sociétés, ce « rallye des entreprises » devait permettre de redorer le blason de l’alternance auprès de ces patrons de jeunes pousses parfois réticents.

Au volant de véhicules hybrides prêtés par un concessionnaire local sponsorisant l’initiative, 14 de ces patrons ont répondu présent à l’appel de leur hébergeur dans le cadre de cette opération de communication inhabituelle, afin de les encourager à tenter, ou à renouveler l’expérience de l’alternance. Président de la structure publique, le maire de Mantes-la-Jolie Raphaël Cognet (LR) avance son but : « renouer des liens qui se sont délités » entre professionnels, universités et étudiants.

« Il y a une inadéquation entre la formation proposée et nos besoins en matière d’emplois dans ce territoire, surtout dans mon secteur, note ainsi Bruno Fajnzilberg, dirigeant de LMS Factory, société spécialisée dans le « e-learning », présent vendredi dernier. Je suis obligé d’externaliser ma recherche en dehors des Yvelines. L’image de Mantes-la-Jolie, également, n’est pas propice à faire venir des étudiants ici. »

A l’IUT mantais, d’autres patrons détaillent certaines de leurs réticences, liées à des expériences passées jugées décevantes avec les alternants. « Nous avons beaucoup de problèmes à fidéliser nos apprentis », s’exclame l’un d’eux : « Nous misons sur les apprentis, nous les formons afin qu’ils restent et nous les voyons partir après, soit pour continuer leurs études (principalement en école d’ingénieurs, Ndlr), soit parce qu’ils veulent trouver une autre boite. »

L’IUT accueille 600 élèves, forme à 9 licences professionnelles et propose, par an et pour chaque licence, une vingtaine d’apprentis aux entreprises locales. « Ce sont aux étudiants, principalement, de faire leur démarche pour trouver une entreprise signataire, détaille un responsable de formation. L’année dernière, deux élèves en licence sont restés sans contrat d’alternance. » Cet encadrement limité, comme la frilosité des patrons, semble regretté par certains étudiants.

« Il est extrêmement difficile de trouver un stage ou un contrat d’alternance, j’ai envoyé plus de 300 CV à des entreprises qui ne donnent généralement pas de réponses, regrette ainsi Héna de sa première année comme élève ingénieure en mécatronique. Lorsqu’elles répondent, c’est souvent par la négative, et j’ai l’impression qu’il faut appartenir à un réseau pour pouvoir bénéficier de ces contrats. »

Patrick Bonnin, responsable de la filière mécatronique à l’ISTY relativise, pour sa part, l’ampleur des difficultés rencontrées. « Il y a 350 étudiants dans notre école, au total, 160 élèves doivent trouver un contrat dans l’année et cela se passe bien, précise-t-il. Nous trouvons généralement même davantage d’entreprises que de candidats, cependant, le marché de l’alternance est très concurrentiel entre les écoles .».

CREDIT PHOTO : ARCHIVES / LA GAZETTE EN YVELINES