Une page s’est tournée dans le dossier du Port Seine métropole Ouest (PSMO) ce mercredi 12 septembre à la salle des fêtes de Conflans-Sainte-Honorine. Une réunion de clôture de la concertation, engagée en 2015 par Haropa-Ports de Paris, était organisée par l’organisme afin de présenter à la centaine de personnes présentes les résultats de cette concertation. Pour élus et citoyens, des interrogations subsistent, concernant les financements des projets connexes et l’exploitation fluviale.

Le projet sera soumis à enquête publique à partir du second semestre 2019. La première des cinq phases de travaux devrait commencer en 2021. Le port, d’une surface de 100 hectares, dédié au secteur du BTP, sera complètement achevé en 2040. Son coût total est estimé à 122 millions d’euros, financés en partie par l’Union européenne et la Région.

« L’idée, c’est un peu d’égaliser le niveau d’informations », souligne Pascal Beaumard, consultant et animateur de cette réunion de clôture. « Il faut que le public puisse continuer à participer à la concertation, que ça revienne un peu sur les communes pour que le grand public arrive à s’approprier le projet, alerte Jean-Claude Parisot, président de l’union régionale de l’association France nature environnement (FNE). Cela reste à faire et c’est dans la durée. »

Un sentiment qu’une majorité de l’assistance semble partager, citoyens comme élus, à la suite de la présentation du projet. « Il tient largement compte des observations émises, rassure Sébastien Hennick, directeur de l’aménagement chez Haropa-Ports de Paris, en présentant une vision du port en 2030. La darse (bassin rectangulaire destiné à l’accostage, ndlr) sera alors créée mais « la végétation sera peu développée », poursuit-il. « Nous n’avons pas encore les entreprises exactes qui viendront s’implanter », explique-t-il des activités économiques prévues.

Le maire d’Achères Marc Honoré (DVD) voit dans le port « une opportunité économique qui nous permet d’aller vers autre chose que de l’épandage ». Il enjoint cependant le gestionnaire des ports franciliens à « revenir » vers la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) pour les questions de voiries, et vers la municipalité achéroise pour le projet de parc urbain prévu entre le port et le nouveau quartier en construction de la Petite arche. « La concertation avec les collectivités doit continuer », insiste l’édile achérois.

Ses homologues andrésien et conflanais, eux, sont encore sceptiques. « On a été écoutés, mais pas vraiment entendus », commence Hugues Ribault (LR), le maire d’Andrésy. Il pointe le flou concernant les engagements financiers de Ports de Paris autour des projets connexes, notamment celui de la passerelle reliant sa ville au port. « On n’attend pas de Ports de Paris qu’il paye tout, précise-t-il. Mais il faut faire un tour de table technique et financier. »

Côté conflanais, le premier magistrat DVD, Laurent Brosse, est encore plus dur : « En relisant le cahier des charges fait par la Ville en 2014, pas grand-chose n’a changé, les points de vigilance restent les mêmes. » Il s’inquiète également du coût comme des financements d’un parking, construit à Conflans-Sainte-Honorine, « et qui servira exclusivement au port ».

Dans le public, la déception se fait sentir lorsqu’est abordée la question de l’exploitation fluviale. « On a beaucoup parlé de trafic ferroviaire, routier, mais pas beaucoup de trafic fluvial, regrette Alain Declerck, ancien marinier. Est-ce que Ports de Paris a étudié avec Voies navigables de France (VNF) et les mariniers le problème du découplage (processus de séparation des barges d’avec le bateau pousseur, Ndlr) des convois ? A terme, ce seront des convois de 180 mètres de long. […] Ils ne pourront pas tourner dans la darse, ils seront obligés de s’amarrer dans la rive gauche, là où sont actuellement les bateaux-logements. »

Des inquiétudes que le directeur de l’aménagement chez Haropa-Ports de Paris entend balayer : « J’entends bien vos interrogations. La meilleure réponse que je peux vous faire c’est que nous avons fait une étude de trajectographie […]. Cette étude sera présentée prochainement lors de la commission locale des usagers des voies d’eau, portée par VNF. » Après plus de trois heures, cette réunion s’achève, frustrant certains. « C’est un lieu d’échanges et d’informations mais pas de négociations ni de co-décisions », tient à rappeler Michel Gaillard, le garant du débat public.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES