Sollicitée par le bailleur social Les résidences Yvelines – Essonne, l’association pisciacaise Odyssée pour la terre a tenté de convaincre, mercredi 12 septembre, certains riverains du quartier Beauregard de la nécessité de réduire ses déchets. L’association a tenu un stand tout l’après-midi, interpellant des passants.

Certains se sont cependant montrés opposés à l’idée du tri sélectif, du moins dans son application quotidienne, évoquant le manque de temps, la complexité des règles ou plus simplement, le fait que leurs voisins ne trient pas. « Le tri sélectif est en perte de vitesse », constate avec fatalisme Olivier Briau ce mercredi-là, président de l’association (et fonctionnaire chargé de la gestion des déchets à la mairie de Poissy, Ndlr).

Mis en place en France depuis plus de 50 ans, le tri des déchets semble ainsi « lasser la population », regrette ce Pisciacais féru d’écologie. Sur la vingtaine de personnes questionnant l’association au cours de l’après-midi, certaines d’entre elles se sont montrées plutôt explicites quant à leurs réticences.

« Je paie des impôts, je ne vois pas pourquoi je trierais mes déchets » serait l’un des arguments les plus entendus par le président de l’association. « Je ne vois pas pourquoi je le ferais, si d’autres ne le font pas », cite-t-il de l’argument d’un autre habitant. Ce ne sont pas les seuls : l’absence de priorité donnée à l’écologie et le manque de temps sont autant d’objections opposées frontalement à la bonne volonté de l’association et du bailleur social qui finance cette action.

« Je paie des impôts, je ne vous pas pourquoi je trierai mes déchets » serait l’un des arguments les plus entendus par le président de l’association pisciacaise Odyssée pour la terre.

« Les différents codes couleurs des poubelles semblent fastidieux, les gens ont du mal à se repérer. Un code couleur unique simplifierait le tri, analyse Olivier Briau des subtilités du tri sélectif. Nous avons fait différentes campagnes d’affichage qui sont restées sans effets, nous augmentons nos opérations de sensibilisation cette année. » Il constate par ailleurs que « les bornes enterrées ne sont pas encore passées dans les mœurs » (voir encadré).

« Tout le monde n’est pas au courant que tous les plastiques ne sont pas recyclables, mais seulement les bouteilles et les bouchons, poursuit le président de l’association écologiste. Les emballages doivent être placés, pour la plupart, dans les sacs poubelles courants. Les pictogrammes sur les emballages également peuvent être trompeurs. »

Les bornes enterrées parfois contre-productives ?

La ville de Poissy dispose de trois bornes enterrées en son sein. « Elles permettent de réduire l’amoncellement des sacs poubelles, sont discrètes et créent moins de pollution visuelle » détaille Olivier Briau. Installées depuis trois ans à Poissy, elles sont réparties entre le centre-ville, le haut de Poissy et le quartier Saint-Exupéry.

« Initiative intéressante », reconnaît le président d’Odyssée pour la Terre. « Les gens déposent parfois leurs poubelles près de ces bornes et non pas dedans, déplore-t-il cependant d’un phénomène qu’il attribue au manque d’information. Les camions-compacteurs ne peuvent, dans ces cas-là, récupérer la borne en question. »

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES