Qui n’a jamais ouvert de grands yeux en regardant les films Flashdance, Breakin’ ou Honey ? Qui n’a jamais rêvé, hommes comme femmes, de reproduire ces figures de danse spectaculaires issues de la rue ? Cet art de la danse, mieux connu sous le nom de breakdance, fait maintenant partie de la société.

Considéré par beaucoup comme un art, le breakdance nécessite pourtant un rythme d’entraînement régulier et une telle condition physique que l’on pourrait facilement l’assimiler à un sport. « Le break est une danse très acrobatique qui demande une bonne dextérité physique et beaucoup d’endurance, souligne Vincent Gaugain, directeur du centre de la danse Pierre Doussaint, aux Mureaux. Il existe un cliché qui veut que le breakdance soit un milieu macho réservé aux hommes. En réalité, les femmes y sont bien présentes et encore plus dans les danses hip-hop en général où elles représentent 70 % des danseurs. »

Des compétitions sont organisées dans le monde entier et la France, où 3 000 battles ont lieu chaque année, n’échappe pas au phénomène. Des crews de breakdance (groupe de danse, Ndlr) venus de tout l’hexagone vont d’ailleurs s’affronter à Aubergenville ce samedi 29 septembre. Une première dans le département, les Yvelines étant jusqu’ici privées de grande compétition (voir encadré).

La danse hip-hop est née durant les années 70 dans les quartiers pauvres du Bronx, à New-York aux États-Unis. Au début il n’était pas encore question de breakdance. Ce terme a été inventé par les médias américains dans les années 80, à la suite de la sortie de nombreux films sur cette danse urbaine. On parlait alors de breakin ou de B-boying.

Les jeunes se réunissaient en bas des immeubles ou sur des terrains vagues pour y faire la fête et danser au son de musiques funk, soul, reggae, le disco ou break-beat. Il fallait pouvoir danser de façon très rythmée et énergique. Ainsi sont apparus les B-boys et les B-girls (Break-boy et Break-girl, Ndlr), qui parvenaient à réaliser des mouvements fluides et en accord avec la musique, notamment sur les solos de batterie.

En France, le mouvement a suivi et aujourd’hui des crews se démarquent. c’est le cas de 1er avertissement, groupe de breakdance originaire de Mantes-la-Jolie. Fondé par Kenlaw et K-Olak en 1998, 1er avertissement est l’un des crews avec la plus grande longévité de la scène nationale et internationale. Il a participé à des battles, des shows ou des masters class aux quatre coins du monde, du Japon aux Etats-Unis en passant par le Maroc, l’Allemagne ou le Liban.

Et pour les deux fondateurs de ce crew, il est difficile de ne pas voir leur « art » comme un sport. « On ne peut enlever le côté sport du breakdance, car il y en a, estime Kenlaw. Les préparations physiques que les B-boys ont, c’est purement sportif. Mais il ne faut pas pour autant supprimer le côté artistique du breakdance. » Selon K-Olak, tous les crews fonctionnent comme des équipes de sport maintenant. « Avant un battle, les crews s’entraînent toute la semaine en attendant la compétition. Comme une équipe de foot s’entraînerait pour préparer son match du dimanche. » Le breakdance n’est donc pas qu’un art, mais il n’est pas tout à fait un sport non plus. C’est un mélange explosif et rythmé de ces deux notions.

Un premier battle de breakdance dans le département

En partenariat avec Kenlaw dance academia, l’association de danse du fondateur de 1er avertissement, la communauté urbaine GPSEO et le centre de la danse Pierre Doussaint organisent Ultimate battle masters. Cet événement majeur pour la danse urbaine se déroulera ce samedi 29 septembre, à 20 h 30, dans l’enceinte du théâtre de la Nacelle à Aubergenville.

Pour l’occasion, et grâce au carnet d’adresse xxl de Kenlaw, huit crews à la réputation nationale viendront se disputer le titre de meilleures équipes. Les règles sont simples, en trois contre trois, les équipes vont s’affronter des quarts de finale jusqu’à la finale. Un jury international sera présent pour noter les prestations et établir les vainqueurs de chaque match.

« Cet événement n’est pas qu’une compétition, c’est aussi un show. C’est pour cela qu’entre chaque battle, des crews de danse hip-hop amateurs de l’Île-de-France viendront étaler leur talent devant le public qui sera présent… et nombreux », assure Vincent Gaugain, directeur du centre de la danse des Mureaux. Et pour seulement 5 euros, les spectateurs devraient en avoir plein les yeux. Plus d’informations au 01 30 91 88 11.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES