« Le feu de poubelles s’est transformé en feu de façade », résume le Centre d’opérations départemental d’incendie et de secours (Codis) yvelinois au lendemain d’une intervention ayant duré quatre heures et ayant mobilisé une vingtaine de sapeurs-pompiers des casernes des Mureaux, d’Aubergenville et de Gargenville. Mercredi dernier, il est environ 15 h lorsqu’un feu se déclenche au sein de la résidence Gabriel Vilain, située à proximité du commissariat. « J’ai senti le brûlé tout de suite, témoigne une locataire le lendemain, alors que le tas de cendres est encore visible. J’ai crié et les occupants sont rapidement sortis. »

Au total, une quarantaine de personnes ont été évacuées de cet immeuble de cinq étages construit dans les années 1980. Le sinistre n’a pas fait de blessé, ni d’intoxiqué. « Une personne très âgée avec des antécédents cardiaques a été conduite au centre hospitalier de Meulan-Les Mureaux pour des examens de contrôle car elle était dehors depuis deux heures », précise-t-on au Codis. Deux appartements ont toutefois été impactés par l’incendie, l’un noirci et l’autre inondé avec le ruissellement des lances à incendie.

Au lendemain de l’incendie, les enquêteurs étaient sur place pour prendre des photos et déterminer si le sinistre était intentionnel ou non. Le tas d’encombrants incendié est toujours visible, protégé par du rubalise. Selon les premiers éléments, le feu serait parti d’un tas d’encombrants situés sous la façade d’appartements. Il se serait ensuite propagé sur la façade de l’immeuble, via les lambris.

Ce tas d’encombrants serait sur place depuis « trois mois » déplore la locataire alors qu’ils devraient « être enlevés tous les mois ». La communauté urbaine Grand Paris Seine Oise, chargée de la collecte des encombrants réfute cette idée : « C’est impossible qu’ils soient là depuis le mois de juin, personne ne nous a fait remonter ce problème […] Avec la fermeture de la décheterie, il y a justement eu un contrôle renforcé pour éviter ces situations. » Elle n’exclut pas en revanche que les encombrants aient pu être déposés « plus récemment ». Un autre riverain affirme que la veille, « ils étaient à leur endroit habituel » et qu’ils auraient été déplacés le jour du sinistre. Tous deux pointent toutefois une résidence « vétuste » et regrettent « qu’aucune rénovation » n’ait été entreprise depuis sa construction.

L’intervention des sapeurs-pompiers a duré presque quatre heures et s’est terminée aux environs de 21 h, le feu a été maîtrisé au moyen de deux lances à incendie. « Ce qui a pris beaucoup de temps c’est tout ce qui est déblai, le dégarnissage des éléments, explique le Codis. Même en partie haute, il a fallu gratter les tuiles. » Du fait de l’environnement peu favorable au déploiement de la grande échelle, « les collègues ont dû monter sur le toit, c’était un peu technique », ajoute le centre.

Déclaré à proximité de l’avenue Paul Raoult, axe de circulation principal de la ville, l’incendie n’a toutefois pas occasionné de gêne à la circulation. « C’est une petite rue à sens unique, commente le Codis. Il y a quelques personnes qui ont pu être gênées pour rentrer chez elles, mais rien de significatif. »

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES