La maire de la petite ville de 4 000 habitants souhaite créer « une extension d’Ecquevilly, proposant une ambiance « village » voulant rompre avec la logique pavillonnaire existante ». Construit à l’entrée de la ville, en venant des Mureaux, entre la D43 et la rue Saint-Antoine, ce futur écoquartier (voir encadré) proposera 78 parcelles à construire et accueillera 218 logements, accessibles en location ou à la propriété. Le promoteur de ce projet, voulu comme contre-exemple des quartiers pavillonnaires, vient d’en lancer la commercialisation. Il l’annonce comme terminé d’ici 2021.

« Ce futur aménagement devra être ouvert ! Il a été pensé comme un lieu favorisant les liens communautaires entre résidents, met en avant Anke Fernandes (SE), l’édile ecquevilloise. J’aimerais que les gens soient dehors et se disent bonjour, qu’ils ne soient pas repliés sur eux-mêmes. » Boris Bouchet, architecte du projet, confirme le souhait de construire différemment du passé : « Nous souhaitons favoriser l’aspect « village » en recréeant un centre-bourg qui sort de la logique de la maison individuelle pavillonnaire. »

Ce nouveau quartier proposera 218 logements intermédiaires, dont les loyers se situent entre le marché locatif social et le marché libre, soit en location, soit en accession à la propriété. Il proposera des maisons individuelles et de petits immeubles collectifs, pour des logements allant du T1 au T5 de 80 à 200 m² selon l’architecte. « Les maisons seront proposées pour 290 000 euros en moyenne », poursuit Boris Bouchet.

En 2015, la société Loticis, promoteur du projet, lotisseur spécialiste de la vente de terrains à bâtir, a racheté la parcelle de six hectares à un propriétaire ecquevillois. Il a ensuite contacté la municipalité, l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa) et l’architecte Boris Bouchet. Loticis s’est ensuite rapprochée d’entreprises de construction de maisons individuelles qui érigeront les logements des futurs acquéreurs, dont une société d’Ecquevilly, Yvelines tradition.

« Les banlieues pavillonnaires sont très consommatrices d’espace et peuvent parfois fonctionner en quartier fermé en favorisant le repli sur soi », remarque du passé comme du présent de bien des lotissements Denis Courtot, directeur de l’aménagement et du développement à l’Epamsa. « La banlieue pavillonnaire s’organise autour d’un centre-bourg où des « pétales », les quartiers pavillonnaires se ramifient, telle une marguerite », continue-t-il en filant la métaphore.

Le futur quartier proposera 78 parcelles à bâtir. Ses promoteurs veulent recréer une ambiance « village » favorisant, d’après eux, le lien social.

« Ces quartiers fonctionnent indépendamment et sont propices à nuire à la communication entre voisins, analyse-t-il du défaut de ces lotissements. Ce modèle n’apparaît plus adapté et, à ce titre, on pourrait parler d’un échec du modèle pavillonnaire. » Alors, à Ecquevilly, « l’aménagement de l’écoquartier a été pensé comme un espace ouvert, complètement ancré dans la ville.»

Plusieurs aménagements voulus sont censés le permettre, à l’instar des trois accès différents d’un quartier sillonné par cinq rues où les voitures pourront circuler. « Ce ne sera pas un quartier de plus dans la ville, chacun pourra y entrer, il ne s’agit pas d’opérer une segrégation spatiale entre les habitants », avance donc la maire.

« Il y aura beaucoup d’espaces verts ainsi que deux vergers communs à tous les résidents de l’écoquartier et d’Ecquevilly, détaille aussi le directeur de l’aménagement de l’Epamsa. Les lotissements sont agencés linéairement, pas en raquette comme dans le cas d’un quartier pavillonnaire, l’écoquartier ne doit pas être une zone enclavée, ni un micro-quartier introverti. »

Chez Loticis, spécialiste du lotissement, forcément, la vision se montre plus nuancée. « On ne décrète pas le lien social », estime ainsi Isaïe Oiknine, son directeur commercial. « Certes, cet écoquartier est étudié pour favoriser davantage de liens entre les résidents, reconnaît-il. Cependant, l’urbanisme ne fait pas tout. »

Depuis plus de 30 ans, l’entreprise qui l’emploie construit en effet des maisons individuelles dans toute l’Île-de-France. « La banlieue pavillonnaire a, en son temps, permis du lien social et de la collaboration entre voisins », rappelle-t-il. « Le pavillon a favorisé cette accession à la propriété individuelle », complète d’ailleurs de ce mode de vie et de construction le directeur de l’aménagement de l’Epamsa.

L’écoquartier d’Ecquevilly conservera, par ailleurs, quelques traces du schéma urbanistique pavillonnaire. Des jardins privatifs agrémenteront toutes les maisons en vente ou en location, aucun commerce n’y sera présent, et « deux à trois parkings sont prévus pour chaque maison individuelle », note Anke Fernandes. « Ce ne sera pas un quartier dortoir et je voudrais que l’ensemble des Ecquevillois se l’approprient », espère donc l’édile.

Un neuvième des maisons construites en bois

Afin de pouvoir prétendre au label d’écoquartier, le projet répondra à des normes écologiques « obligatoires et en lien avec le territoire » précise son architecte, Boris Bouchet. Les maisons individuelles et petits immeubles n’excéderont pas trois étages. L’écoquartier sera doté d’un système de récupération d’eau de pluie, couplé à deux bassins, « pour prévenir des inondations ». Les eaux transiteront via des noues et aucune habitation ne sera exposée au nord.

Le cahier des charges du futur écoquartier prévoit également qu’un neuvième des habitations seront entièrement construites en bois. « Le bois est un matériau écologique, très isolant, apprécié par les gens et qui dispose d’une filière [de distribution] très bien organisée en France », renseigne Boris Bouchet. Les maisons en bois, encore rares en Île-de-France, ne seraient pas non plus si fréquentes au sein des écoquartiers.

« Cela ne se retrouve pas souvent, l’idée provient d’un mixte entre la volonté des partenaires du projet et une demande croissante des particuliers pour ce type de construction », précise Isaïe Oiknine, directeur commercial chez Loticis, le promoteur et lotisseur de ce nouveau quartier. Des maisons en bois cependant plus chères qu’une maison traditionnelle. « Elles sont, à surface égale, 15 à 20 % plus chères à la vente qu’une maison classique », précise-t-il de l’impact financier.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES