Changer l’image du quartier du Parc, considéré par les habitants comme la municipalité comme enclavé : depuis 2012, deux tranches de réhabilitation ont été et sont menées par le bailleur social Osica sur son patrimoine, dans le quartier vernolitain construit en 1956 pour les ouvriers des usines automobiles. La signature prochaine d’un protocole de renouvellement urbain entre la Ville, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) et le bailleur officialise les troisième et quatrième tranches dès cette fin d’année.

Le montant total des opérations, comprenant démolitions, réhabilitations et créations de nouvelles rues, a été estimé à près de 17 millions d’euros HT. Le bailleur social Osica compte 763 logements dans son patrimoine, un second, Logirep, en possède 73, auxquels s’ajoutent une copropriété de 60 logements.

« C’est un enjeu fort pour Vernouillet, estime le maire vernolitain Pascal Collado (DVD). Le quartier représente 30 % de sa population. » Il met en avant le souhait de faire participer les habitants au projet, dans le cadre d’un comité avec qui les discussions vont commencer : « Prendre ce temps d’échange et de discussion est un peu mon cheval de bataille. » Certains habitants, eux, sont plutôt déçus de ces premières tranches, et ne croient plus au concept de mixité sociale.

Inscrit depuis 2014 en politique de la ville, le quartier n’avait pourtant pas été retenu, ni par l’Agence nationale de rénovation urbaine, ni pour les Projets d’intérêts régionaux. « On avait un espoir, notre projet s’inscrivait réellement dans un cadre de rénovation, poursuit l’édile qui mise justement sur une meilleure mixité. Par sa sociologie, sa topographie, sa géographie, Vernouillet est une ville très morcelée […], notre projet de ville s’inscrit vraiment dans l’idée de créer une unité à Vernouillet, que la population se rencontre, se côtoie, car la diversité crée la richesse. » 

La première tranche de ces réhabilitations, lancée y a plusieurs années, concernait les immeubles des Bouvreuils, Pinsons et Rossignols, et s’est concentrée sur la rénovation énergétique de ces bâtiments et leurs espaces publics. La deuxième, en cours, verra notamment en 2019 la démolition de la cage d’escalier et de dix logements au 54 rue des Capucines.

« On cachait la voiture », analyse le maire Pascal Collado (DVD) des défauts actuels des grands ensembles alors érigés pour accueillir les salariés de l’industrie, en vallée de Seine comme ailleurs

Une démolition vient couper en deux une barre de 170 mètres de long et permet « de prolonger l’actuelle impasse des Ormes », détaille le protocole de l’avenir. Pour Pascal Collado, il est question de faire « respirer » l’école maternelle Annie Fratellini, « enclavée au bout d’une impasse ». Il pointe également des bâtiments « monolithiques » et poursuit de leur construction : « La conception de ces grands ensembles répondait à l’urgence de pouvoir offrir du logement décent. »

« On cachait la voiture », analyse-t-il des défauts actuels des grands ensembles alors érigés pour accueillir les salariés de l’industrie, en vallée de Seine comme ailleurs. Ils constituaient un « luxe » pour leurs nouveaux habitants qui étaient loin de posséder une voiture par foyer, et certainement pas deux comme aujourd’hui. « Ce qu’on dessine aujourd’hui corespond avec une vérité d’aujourd’hui, […] ce n’est certainement pas celle de demain », remarque-t-il avec prudence.

Cependant, il note les atouts actuels du quartier : le nombre d’espaces verts, d’espaces publics, mais aussi l’offre commerciale, symbolisée par son supermarché Lidl. « Une étude a été menée et montre que concrètement, il n’y a pas d’inquiétude commerciale, commente Pascal Collado. Une deuxième étude va être menée sur comment valoriser ce centre. »

La chaîne allemande « capte la clientèle hors du quartier et amène une autre sociologie de population », souligne l’élu, qui reste cependant attentif à cette véritable « locomotive » du centre commercial. « Lidl, est un vrai sujet car la politique du groupe est de quitter les centres-villes, c’est un enjeu », admet-il en effet, même si « Lidl, pour l’instant, maintient son engagement de rester ».

Des logements privés sont par ailleurs envisagés, « de manière tout à fait raisonnée et raisonnable », nuance cependant Pascal Collado, « pas dans les objectifs » fixés alors par la précédente majorité de gauche. Enfin, il se félicite de l’officialisation prochaine de la salle de prière actuellement utilisée par les fidèles musulmans, qui l’était jusque-là « sans droit ni titre », et souhaite travailler « pour l’aménagement d’une salle de prière digne de ce nom ». S’affirmant « fervent défenseur de la laïcité », il la perçoit aussi comme devant permettre « à chaque culte d’être exercé dans des conditions de sécurité, de décence et de respect ».

« Notre projet de ville s’inscrit vraiement dans l’idée de créer une unité à Vernouillet, que la population se rencontre, se côtoie, car la diversité crée la richesse » , souhaite le maire DVD.

Lors du dernier conseil communautaire, l’édile avait porté un « petit regard négatif du fait que la rénovation urbaine est relativement longue et ne répond pas en termes de temporalité aux attentes des habitants » Imputant ces retards à la douloureuse création de la communauté urbaine en 2016, il précise, de la lente gestation de la suite des rénovations : « Il a fallu se mettre d’acccord sur les modalités, trouver les bons équilibres économiques, l’engagement de chacun dans ce dispositif. »

Du lancement futur de la troisième tranche au mois de décembre et qui concernera 200 logements, il détaille : « Elle intègre quatre autres immeubles, où là, on est sur de la rénovation du bâti, de l’aménagement des espaces extérieurs. » Une partie de l’opération est intégrée au « plan d’amorce » lancé en juin dernier par le conseil départemental, à hauteur d’environ deux millions d’euros. La communauté urbaine financera une partie des travaux dédiée à la voirie pour 375 000 euros, et deux études.

L’une visera la rénovation des écoles, et étudiera les questions de carte scolaire « pour pouvoir garantir cette mixité » que souhaite le maire. L’autre portera sur le stationnement aujourd’hui très insuffisant : « La bonne gestion des circulations et des parkings, c’est aussi le bien-vivre ensemble, quand on a des problèmes de stationnement, ça crée des désordres. »

Certains habitants croisés la semaine dernière dans le quartier se montrent cependant plutôt désabusés. Ils évoquent la frontière existante entre leur quartier et le centre-ville, formalisée selon eux par la rue Paul Doumer et la carte scolaire actuelle. Ils pointent aussi du doigt les précédentes rénovations, et les matériaux utilisés jugés de faible qualité, comme d’un « maquillage ». Sollicité, le bailleur Osica n’a pas pu répondre dans les délais impartis à publication.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES