« Il n’y a aucun protocole », lance ce jeudi 4 octobre Karl Olive (LR), maire de Poissy. Pour la deuxième fois, un déjeuner rassemblant les principaux représentants des cultes monothéistes se déroule en mairie. Si les différentes communautés religieuses peuvent et ont déjà organisé des événements en commun, tous reconnaissent manquer de temps pour se parler et se rencontrer. Ce repas est également l’occasion pour ces représentants de soulever quelques questions pratiques, notamment la signalisation des différents lieux de culte.

« Il y avait déjà eu des rencontres, informelles, détaille Menachem Sarfati, rabbin à Poissy depuis 18 ans. Le but est de montrer que les religions peuvent s’associer, que le rassemblement porte ses fruits. » Il pointe, de la difficulté pour lui de rencontrer d’autres représentants : « Personnellement, j’ai un travail assez prenant. Mais religieusement, il n’y a aucune barrière. »

Ce ne sont pourtant pas les sujets de discussion qui manquent. « Entre les différents cultes, on aurait des choses à se dire qui pourraient intéresser nos paroissiens, je sais que ce n’est pas le bon terme, note devant les autres clergés le père Eric Courtois, curé de la paroisse Poissy-Villennes-Médan. Nous  pourrions organiser des échanges sur la prière, le jeûne… cela générerait des connaissances sur des thèmes concrets. »

« Nous avions organisé, avec le père Courtois, une exposition commune sur le thème du baptême », se souvient Alain Boucher, président du conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Poissy.

De ces initiatives, même si « la mairie peut être un facilitateur », l’édile, qui les avait déjà réuni pour créer en 2016 le jardin de l’Olivier, un espace dédié à la paix, insiste : « Il faut que cela vienne de vous. » Catholiques et protestants ont déjà réalisé des manifestations en commun. « Nous avions organisé, avec le père Courtois, une exposition commune sur le thème du baptême, se souvient Alain Boucher, président du conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Poissy. Il y avait eu un tracé [emmenant les visiteurs de la double exposition] de la collégiale au temple. »

Pour Mohammed Barbouche, président de la communauté musulmane pisciacaise, « le lien de reconnaissance existe » car « nous avons toujours souhaité nous rencontrer, nous connaître ». Lui évoque surtout « un problème de place » pour organiser différents évènements. « D’ici le prochain Ramadan, je souhaite trouver une place pour qu’on puisse accueillir tout le monde », souhaite-t-il.

D’un point de vue plus pratique, lors de ce déjeuner, Mohammed Barbouche regrette que ne soit pas signalée la mosquée. « Vous aviez noté que la mosquée serait indiquée à partir de la gare, souligne-t-il. Il y a encore des gens qui nous appellent pour savoir où elle est, comme elle est dans un pavillon discret. » Alain Boucher renchérit : « Nous avons déposé un dossier pour pouvoir flécher le temple, il y a deux ans, on nous a dit que ce n’était pas possible. »

« C’est de la compétence de la communauté urbaine », amorce Karl Olive, avant de laisser répondre Jean-Paul Delanoë, le directeur général des services municipaux. « La signalisation oui, mais la Ville a la compétence de la micro-signalétique qui a une vocation piétonne, explique-t-il. On va voir ce que l’on peut faire, on y travaille. »

Pourquoi ne pas convier les athées ?

L’organisation de ce déjeuner ayant été relayée sur Twitter par le maire Karl Olive, publication à laquelle une internaute a demandé si des représentants des athées avaient été conviés à ce repas. « Je n’ai jamais été sollicité en ce sens, je ne sais pas s’il existe une communauté athée sur Poissy », répond l’édile pisciaicais, qui se montre toutefois ouvert à toute proposition.

PHOTO 1 : ILLUSTRATION / LA GAZETTE EN YVELINES
PHOTO 2 : LA GAZETTE EN YVELINES