Il est environ 16 h 30 ce vendredi 19 octobre et déjà sur l’autoroute A 13, les premiers ralentissements commencent. En cette soirée de départ en vacances, la direction départementale de la sécurité publique yvelinoise (DDSP) organisait plusieurs contrôles routiers coordonnés sur les grands axes stratégiques du département.

A Poissy, ce sont quatre motards de la formation motorisée urbaine, deux patrouilles de l’unité spéciale d’intervention et neuf fonctionnaires des commissariats pisciacais et conflanais qui ont ainsi été mobilisés durant deux heures.

Le contrôle avait lieu sur l’avenue du Bon roi Saint-Louis, départementale où circulent chaque jour entre « 25 et 40 000 véhicules » rappelait récemment Karl Olive (LR), maire pisciacais, à l’occasion d’une conférence de presse pour lutter contre la circulation de transit.

« En zone police, sur le département, les statistiques sont à la baisse pour le nombre d’accidents et de blessés, mais le nombre de tués reste stable », fait remarquer Aymeric Saudubray, commissaire divisionnaire, chef de la circonscription de Conflans-Sainte-Honorine. Actuellement, en zone police, 236 accidents ont été recensés contre 302 en 2017. Le nombre de blessés est quant à lui de 281, contre 353 en 2017. Cependant, 22 personnes sont décédées dans un accident de la route.

« Vu l’heure et les conditions de circulation, ce ne sont pas l’alcool et la vitesse que l’on va cibler en priorité, poursuit le commissaire. Nous allons plutôt être attentifs sur le port de la ceinture, les défauts de permis, d’assurance ou de contrôle technique. » En ligne de mire des fonctionnaires également, les voitures surchargées, départ en vacances oblige. Si l’un des objectifs du contrôle est la prévention « pas question de faire de cadeaux », pour Aymeric Saudubray. Il poursuit : « L’objectif est de rester extrêmement visibles. »

Une petite citadine s’engage sur le parking de la piscine des Migneaux. A l’intérieur, Nathalie, commerciale, rentre chez elle du côté de Houdan. « Les attestations sont bonnes, vous pouvez y aller », détaille un policier en lui rendant ses papiers. Un peu surprise, Nathalie explique : « C’est la troisième fois que je me fais contrôler en quinze ans ». Si elle voit une utilité dans ces contrôles, elle estime « qu’il y en a moins qu’avant ».

Ce que tempère le commissaire: « Des contrôles routiers il y en a tous les jours, de moindre envergure. » Quelques instants plus tard, un homme, passager d’une citadine également, refuse de montrer ses papiers. De mauvaise grâce, il tendra finalement une carte vitale. Une recherche rapide permet aux policiers de comprendre son comportement : l’homme fait l’objet d’une fiche de recherche et espérait passer entre les mailles du filet.

« Quand il a vu les collègues postés, il a échangé de place avec sa passagère », détaille Aymeric Saudubray de son stratagème, repéré par les agents. Il a été conduit au commissariat conflanais pour une garde à vue. Une autre voiture, dont le coffre est rempli, sera également arrêtée par les policiers. « Il n’y a rien qui va », explique le commissaire. Plusieurs voitures seront ainsi immobilisées.

Au total, le contrôle aura duré plus d’une heure et demie. Seize infractions ont été constatées et 11 conducteurs verbalisés. Quatre autres personnes ont été interpellées, dont deux en situation irrégulière, deux autres pour un défaut de permis et d’assurance. « Cela fait deux lectures, analyse Aymeric Saudubray. C’est bien mais ce n’est pas bien car en se mettant quelque part pendant une heure et demie à intercepter des voitures, vous voyez la production que cela entraîne, ce n’est pas normal. » Des chiffres qui viennent « prouver » l’utilité de ces contrôles pour le commissaire.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES