La ville de Carrières-sous-Poissy ne veut plus que le quartier des Fleurs se sente abandonné. En collaboration avec Efidis, le bailleur social de la cité, les bases d’un projet de réhabilitation ont donc été posées dans ce sens. Ces derniers mois, un certain nombre d’ateliers de concertation se sont déroulés avec les habitants pour tenter de répondre du mieux possible à leurs attentes. La réunion du 8 octobre dernier avait pour objectif de dresser un bilan de ces différents ateliers ludiques ainsi qu’une présentation des travaux censés désenclaver la zone.

Une quarantaine d’habitants des Fleurs s’étaient réunis dans la salle du pôle Michel Colluci et s’attendaient à découvrir les nouveautés qui toucheront bientôt leur quartier. Bon nombre d’entre eux étaient venus avec leurs inquiétudes et n’ont pas manqué de les faire connaître. Les incivilités, les enlèvements de voitures par la fourrière et la mauvaise réputation du quartier ont été des sujets évoqués avant même le début de la présentation du projet. Mais celui qui a éveillé les crispations de toutes parts est bel et bien le stationnement.

Alors que le nombre de logements dans la cité des Fleurs ne cesse de croître, les places de parking, elles, n’augmentent pas. « Comment expliquez-vous qu’il y a dix ans, tout le monde pouvait garer ses deux voitures par habitation et qu’aujourd’hui, ce soit aussi difficile d’en garer une seule par famille ? » , s’est ouvertement interrogée cette résidente quarantenaire du quartier.

Christophe Delrieu (DVD), maire de la commune, lui a justement répondu que ces travaux devaient permettre de répondre à ces problématiques. Selon lui, la réhabilitation du quartier des Fleurs doit passer par les réaménagements rendus possible par la Ville et Efidis. « La ville refait tout le tour des logements Efidis. C’est-à-dire que des nouvelles rues, […] des nouvelles routes et des nouveaux équipements vont rénover le quartier, détaille l’édile. Et Efidis va refaire des appartements, des immeubles et changer les parkings. »

L’idée sur laquelle repose la réhabilitation du quartier serait de rapprocher la cité des Fleurs du reste de la ville, comme l’expliquent les représentants du promoteur social.

« Les Fleurs est un quartier qui est à l’articulation de beaucoup d’espaces urbains et naturels. Il se trouve à la jonction de plusieurs parcs […], expliquent les représentants du bailleur social. L’enjeu est qu’il soit plus facilement traversable qu’il ne l’est actuellement pour les piétons et, qu’à partir du quartier, on ait plus facilement accès à d’autres lieux de la ville. »

Selon eux, la cité des Fleurs ne sera plus en bout de ville, comme elle l’est actuellement, mais bien en plein cœur de Carrières-sous-Poissy et de tous les aménagements paysagers prévus. « Il y a un enjeu de liaison avec l’arrivée du futur projet du quartier de la Centralité qui jouxtera celui des Fleurs (projet de la ville, Ndlr). Il faut rendre possibles, faciles et agréables les circulations des Fleurs vers ce futur centre. »

Un réaménagement des rues et de leur circulation est donc à prévoir pour permettre une proximité avec les autres quartiers. Voici de quelle manière la cité des Fleurs devrait être réhabilitée. Seulement voilà, en évoquant un réaménagement de l’espace, il était indispensable de parler de celui qui serait réservé au stationnement, sujet très attendu par l’auditoire.

« Ce n’est pas la première réunion concernant les parkings, et ce ne sera pas la dernière […] » Christophe Delrieu, le maire, entend bien résoudre ce problème de stationnement avec les riverains.

Deux hypothèses lui ont été soumises. La première consisterait à prolonger la situation déjà existante où le stationnement est le plus proche possible des logements, réparti dans tout le quartier. Dans cette option, les parkings créés récemment, et qui nuisent aux habitants car trop proches des logements, seraient éloignés d’au moins cinq mètres des bâtiments, ou totalement supprimés.

La deuxième proposition émise par Efidis serait de créer deux grosses structures de stationnement, Une aire à côté de la rue des frères Tissier et une seconde de l’autre côté du quartier. « On ne sait pas encore de quelle nature seraient ces grosses structures si elles venaient à être faites. Souterraines ou aériennes ? On n’en est pas encore à cette étape », souligne Christophe Delrieu, venu au secours des deux représentants d’Efidis, face à la colère naissante des riverains.

Car l’incompréhension des habitants du quartier s’est clairement fait ressentir au moment de l’annonce de ces deux hypothèses. « Le scénario deux, c’est pas la peine ! Parce que les gens qui habitent de l’autre côté du quartier, à l’opposé de vos parkings, comment ils feront ? Il faut y penser à ceux-là là qui habitent à, facile, 400 mètres, s’est exclamé avec agacement un trentenaire des Fleurs. Comment ils feront avec leurs courses ? Et les personnes handicapées ? Et les femmes enceintes ? Votre scénario deux, c’est clairement pas possible ! »

Le débat lancé, l’édile carriérois a tenté d’éclairer ses concitoyens sur leurs incompréhensions. Certains d’entre eux pensaient que la deuxième proposition était celle souhaitée par la Ville et qu’elle serait finalement imposée. « Ce que nous vous proposons ici n’est pas définitif. Ce ne sont que des orientations possibles. On ne vous demande pas de choisir entre les deux scénarios. Aucune décision n’est prise, nous sommes ici pour en discuter », tient à préciser l’édile carriérois au nom d’Efidis et de la municipalité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un nombre de stationnements précis n’est pas encore défini.

Plusieurs solutions ont donc été posées sur la table afin de trouver un terrain d’entente avec les résidents du quartier des Fleurs. Le dépôt minute a été évoqué, le stationnement attitré également même s’il est bien trop compliqué à mettre en place. Toujours est-il que ce problème de stationnement dans le quartier des Fleurs reste existant et que son dénouement n’a toujours pas eu lieu. « Ce n’est pas la première réunion concernant les parkings, et ce ne sera pas la dernière. Il va bien falloir trouver une solution », a conclu Christophe Delrieu.

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES