« Il y avait deux solutions : soit on mettait tout le monde dans des bus et on continuait d’emprunter le pont de Poissy déjà saturé, soit on proposait un projet dans l’air du temps avec une réflexion sur les mobilités. » C’est ainsi que Christophe Delrieu (DVD), maire de Carrières-sous-Poissy, évoque la solution trouvée pour éviter la saturation du pont automobile reliant sa ville à celle de Poissy compte tenu de l’arrivée de nouveaux habitants dans 4 000 nouveaux logements : construire une passerelle piétonne et cyclable, pour un coût estimé à ce jour à 23 millions d’euros TTC.

Abandonné puis relancé par le Syndicat mixte d’aménagement, de gestion et d’entretien des berges de la Seine et de l’Oise (SMSO), le projet avait été finalement présenté au printemps 2017. Lors du dernier conseil communautaire, le 26 septembre, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) s’est engagée à financer le projet à hauteur de 5,8 millions d’euros. L’ouvrage devrait être fini « avant les Jeux olympiques », assurent les deux maires concernés. Au sein de GPSEO, d’autres jugent que cet investissement n’était pas prioritaire.

Un tour de table financier définitif devrait se tenir à la mi-novembre. L’État, la Région, le Département et le SMSO devraient participer financièrement. « Nous solliciterons également l’État dans le cadre du plan vélo pour obtenir des fonds supplémentaires », précise Karl Olive (LR), le maire pisciacais. De part et d’autre de la Seine, l’ouvrage, qui reprend le tracé de l’ancien pont, détruit par un bombardement durant la Seconde guerre mondiale, répond à « une connexion de la vie sociale », détaille Christophe Delrieu.

Côté carriérois, cette passerelle connectera notamment le parc du Peuple de l’herbe, tandis que du côté pisciaicais, elle s’intégrera dans la restructuration du quartier de la gare.

Il poursuit, approuvé de la tête par Karl Olive : « Le centre-ville de Poissy vit de certains Carrièrois qui n’y vivent qu’à 15 minutes à pied. J’ai aussi certains Pisciacais qui viennent faire leurs courses chez moi. Le but n’est pas de faire de la concurrence entre les commerces. » Côté carriérois, cette passerelle connectera notamment le parc du Peuple de l’herbe, tandis que du côté pisciaicais, elle s’intégrera dans la restructuration du quartier de la gare.

Pour certains élus du groupe Agir pour l’avenir intercommunal (APAI), le projet n’est pas jugé prioritaire. « Ce qui peut interpeller, ce sont les dérives financières de ce projet, on parle de 13 puis de 18 et enfin de 23 millions, reprend Hugues Ribault (LR), maire d’Andrésy, lors du conseil communautaire. On nous oppose le manque de capacité financière de la communauté urbaine pour d’autres investissements comme la voirie. Il y avait d’autres investissements prioritaires. »

Une remarque que n’a pas apprécié le président de GPSEO, Philippe Tautou (LR) : « Elle est indispensable, Carrières-sous-Poissy est une ville nouvelle. Je ne vois pas pourquoi on ne la ferait pas. » Il poursuit en dénonçant une réaction de jalousie de l’édile andrésien, et assène : « Tu aurais préféré que je te donne cinq millions pour réaliser ta passerelle sur l’île Nancy. »

En parallèle, la requalification de la RD190

Alors que les travaux de la passerelle seront près de débuter, l’enquête publique concernant la requalification de la RD190 sera, elle, lancée en 2019. Cette requalification concerne la partie allant du pont de Poissy au rond-point de la Fabrique 21. Les travaux devraient démarrer en 2020 pour une durée de deux ans. Cette portion verrait ainsi ses voies doublées pour permettre la création d’une 2×2 voies contre 2×1 voie actuellement. Une de ces nouvelles voies sera dédiée à la circulation de bus en site propre.

PHOTO 1 : LA GAZETTE EN YVELINES
CREDIT PHOTO 2 : NEY ET PARTNERS – HAYES DAVIDSON