« Pendant les vacances, on n’entend pas les enfants, c’est quelque chose qui manque dans le village. » Prononcée en septembre dernier, cette phrase du maire sans étiquette Dominique Josseaume aurait également pu s’appliquer pendant ces vacances de Toussaint. Car si selon l’édile, « une école est la preuve du dynamisme d’un village », celui de Fontenay-Mauvoisin, petit village du Mantois d’environ 420 habitants n’est pas passé loin d’être stoppé dans son élan.

La fin de l’année scolaire 2017 a ainsi failli voir disparaître cette école élémentaire, pourtant inaugurée en grande pompe le 12 février 2016. Une dérogation avec la commune de Buchelay a permis d’apporter quelques élèves supplémentaires. L’ouverture d’une nouvelle classe de maternelle, le 25 juin dernier, a également permis de rassurer un peu plus sur l’avenir de ce petit groupe scolaire d’environ 70 élèves. Des travaux de réaménagement sont prévus en 2019.

« A la fin de l’année scolaire 2017, il ne nous restait plus que sept élèves », se souvient douloureusement Dominique Josseaume. Une situation compliquée, d’autant plus que la commune voisine de Perdreauville avait décidé, lors du conseil municipal du 5 juillet 2016, de sortir du regroupement pédagogique intercommunal, constitué de ces deux communes et de celle de Favrieux. Résultat : « la séparation définitive » des deux écoles pour les élèves perdreauvillois (le maire de Perdreauville n’a pas répondu aux sollicitations de La Gazette, Ndlr).

« Je n’allais pas fermer l’école au bout de deux ans, d’autant plus qu’il n’y avait pas de frais d’écolage, la mort d’une école c’est la mort d’un village », insiste l’élu fontenaysien. Il se tourne alors vers une autre commune voisine, plus importante, celle de Buchelay. « Nous avons été contactés par la mairie, se rappelle Patricia Defresne, adjointe bucheloise en charge des affaires scolaires. Nous avions déjà fait preuve de solidarité pour Mantes-la-Jolie auparavant, il n’y avait aucune raison pour qu’on ne le fasse pas pour Fontenay-Mauvoisin, par dérogation. »

« Nous avons tout aménagé pendant l’été », détaille de la classe de maternelle ouverte à la rentrée dernière le maire SE Dominique Josseaume.

Sur les 70 élèves répartis en trois classes (deux élémentaires et une maternelle, Ndlr), les petits Buchelois sont au nombre de 13. « Certaines fratries ont commencé leur scolarité ici et les autres ont suivi », explique Patricia Defresne de la situation. Quant à savoir si cette dérogation pourrait s’appliquer à d’autres communes, Dominique Josseaume philosophe : « Il ne faut pas courir plusieurs lièvres à la fois […] On a mis en place quelque chose, il faut que ça se pérennise. »

Autre bouffée d’air pour l’élu, l’ouverture d’une classe maternelle, connue au 25 juin dernier. « On l’a su un peu à l’arrache, sourit-il. Mais avoir une maternelle, cela permettra d’alimenter l’élémentaire. » Une façon de rendre le village plus attractif : « Cela pourra inciter les familles à venir car nous proposons une scolarité complète », souligne Liliane Lefèvre, son adjointe en charge du scolaire.

Aujourd’hui située dans les locaux de l’ancienne école, la classe de maternelle devrait prochainement déménager dans une ancienne stabulation de 400 m² située à quelques mètres. « Nous avons tout aménagé pendant l’été, détaille Dominique Josseaume. A Paris, des classes ont fermé, nous avons pu récupérer du mobilier, des lits de la part de Buchelay. C’est une solution de repli, nous allons voir les attentes des enseignantes. »

L’ensemble des bâtiments, composé de la mairie, de l’école élémentaire et de l’école maternelle, devrait toutefois changer de visage prochainement. « Lorsque la maternelle aura déménagé, nous aménagerons trois F3 dans ce bâtiment, détaille le maire. Les loyers serviront à couvrir les charges communales. » Dans le cadre du contrat rural passé avec le Département, pour un montant total de 870 000 euros, une cantine et un dortoir seront également créés, là où la salle des Fêtes remplit le premier rôle aujourd’hui.

PHOTO : ARCHIVES / LA GAZETTE EN YVELINES