Les usagers des trains venus de Normandie peuvent souffler concernant leurs trains du matin, qui continueront de s’arrêter à Mantes-la-Jolie, et rester prudents quant à ceux du soir, dont le sort fait toujours l’objet de négociations. « Nous avons obtenu des garanties sur le fait qu’il y aurait le maintien de tous les arrêts en Ile-de-France, notamment à Bonnières-sur-Seine, Bréval, Rosny-sur-Seine et Mantes-la-Jolie », annonçait récemment Louis Gomez, président du comité des usagers de l’Ouest francilien.

La Gazette révélait en effet au printemps dernier la possible suppression de nombreux arrêts des trains normands, seuls à assurer une liaison directe entre Mantes-la-Jolie et Paris, tant en heure de pointe qu’en heure creuse. Des assurances obtenues à la suite « d’une réunion avec les dirigeants SNCF de la gare Paris Saint-Lazare et Île-de-France mobilités », indique celui qui est aussi élu d’opposition (SE) à la mairie de Bonnières-sur-Seine.

« Notre objectif est de maintenir la desserte actuelle, c’est à dire qu’il y ait le même nombre de trains normands qui s’arrêtent à Mantes, Bonnières et Rosny, confirme Jean-Christophe Monnet, directeur des relations avec les voyageurs et les territoires chez Ile-de-France mobilités (ex-Stif, Ndlr). On a déjà eu des garanties en ce sens, notamment en ce qui concerne l’heure de pointe du matin. »

Depuis quelques mois, la mise en place d’une nouvelle grille horaire concernant les trains normands à partir de décembre 2019, faisait planer la menace d’une suppression de certains arrêts, notamment en gare de Mantes-la-Jolie. « Il y a eu des prises de position d’élus dans l’Eure et notamment de l’ancien maire de Vernon (Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales et premier adjoint à Vernon, Ndlr) au moment des dernières élections municipales, qui avait assuré à l’ensemble des habitants sa volonté de supprimer certains arrêts parce qu’il fallait gagner du temps », rappelle Louis Gomez.

La Région Normandie, qui prendra le contrôle total de ses trains à partir de 2020, n’était plus disposée à accueillir les usagers franciliens à bord de ses trains. En raison de ce désaccord, trois directs en gare de Mantes-la-Jolie étaient ainsi menacés le matin. «  En 2020, la Normandie voulait modifier ses grilles, précise Jean-Christophe Monnet. Elle avait pour objectif d’améliorer la desserte notamment vers Caen et Rouen. »

Une décision inconcevable pour l’association des usagers de l’Ouest francilien : « Nous y étions totalement opposé, on a exprimé un refus fort et on a dit qu’on se donnerait les moyens pour l’empêcher », se souvient Louis Gomez. En mai 2018, la Région Île-de-France par la voix de sa présidente Valérie Pécresse (LR), est également montée au créneau, demandant une intervention du Premier ministre Edouard Philippe.

Le coup de gueule a semble-t-il porté ses fruits, puisque la Région Île-de-France et sa voisine normande sont parvenues à un consensus début juillet. « On a voulu travailler en bonne intelligence avec eux pour que cela ne se traduise par une baisse du nombre d’arrêts en Ile-de-France, rapporte Jean-Christophe Monnet. On en a informé les élus et les associations d’usagers pour leur dire, car il y avait beaucoup d’inquiétudes. »

La menace semble donc aujourd’hui écartée, et le principe d’un maintien de la desserte actuelle acté : en 2020, les directs Mantes-Paris Saint-Lazare le matin seront donc maintenus. « La Région Île-de-France a été très ferme là-dessus, il n’y aura pas de modification et de suppression des arrêts sur notre territoire », martèle Louis Gomez. Un doute subsiste néanmoins sur le maintien des arrêts en région parisienne aux heures creuses et sur l’heure de pointe du soir : « C’est toujours en discussion… », souffle Jean-Christophe Monnet.

Selon Louis Gomez, l’engagement a été signé pour plusieurs années et ne devrait pas être remis en cause par la mise en service du RER E à Mantes-la-Jolie, prévue pour 2024. Il tient d’ailleurs à tordre le cou à une idée reçue : « Il y une confusion dans la tête des gens qui est de dire, Eole arrive à Mantes donc on n’a pas besoin des trains normands… alors que cela n’a strictement rien à voir », souligne-t-il en promettant de rester vigilant sur ce dossier. « On aura toujours besoin des trains normands », confirme de son côté Jean-Christophe Monnet.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES