Elle symbolisait le mal-être des policiers dans l’exercice de leurs fonctions. Dans la soirée du 12 novembre dernier, Maggy Biskupski, présidente de l’association Mobilisation des policiers en colère (MPC) s’est donnée la mort à son domicile qu’elle occupait depuis quelques mois dans le quartier Saint-Louis. Le temps de l’intervention des secours et des forces de l’ordre, la route de la Reine blanche et le quartier ont été interdits à la circulation. Une lettre a été retrouvée près de son corps.

Âgée de 36 ans, elle travaillait à la brigade anticriminalité de nuit au commissariat de Sartrouville. Elle avait fondé son association en 2016 après l’attaque au cocktail Molotov à Viry-Châtillon et Grigny (Essonne) de deux voitures de police. Elle faisait l’objet d’une procédure menée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), pour être sortie de son devoir de réserve.

Le parquet de Versailles a ouvert deux enquêtes, la première concernant les circonstances de sa mort, la seconde, ouverte contre X, pour « abus de confiance », indique Le Parisien. Selon le quotidien francilien, des échanges de messages entre la policière et ses proches évoquent des dysfonctionnements liés à la gestion financière de son association. Elle serait accusée par des collègues d’avoir détourné une somme dépassant le millier d’euros.

Suite à sa mort, une cagnotte Leetchi a été ouverte par l’association des Femmes de forces de l’ordre en colère. «  Cette cagnotte servira en partie à déposer des fleurs en votre nom à tous et sera remise à sa famille pour le reste », détaille l’association. Plus de 4 450 euros ont déjà été récoltés. Des marches blanches en sa mémoire seront organisées ce samedi 24 novembre dans plusieurs villes, dont une place du Trocadéro à Paris à 14 h.

« J’ai une pensée émue pour les proches et la famille de Madame Biskupski avec laquelle j’avais eu l’occasion d’échanger il y a quelques mois, a réagi dans un communiqué Pierre Fond (LR), maire de Sartrouville. Elle m’avait alors fait part de son engagement et du sens de son combat pour l’ensemble de sa profession, qui était tout un symbole. »

Le maire de Carrières-sous-Poissy, Christophe Delrieu (DVD), a également salué son dévouement : « Un suicide a toujours de multiples raisons complexes qui plongent les proches et ceux qui restent dans un émoi profond. La Ville a accompagné la famille de Maggy Biskupski dès les premières heures de ce tragique événement, en exprimant toute la solidarité de chaque Carrièrois. Son engagement professionnel à protéger et servir notre République, la qualité de son travail appréciée par sa hiérarchie, et sa passion à défendre ses collègues, exigent de notre part reconnaissance et respect. »

Le lendemain, lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée, Natalia Pouzyreff (LREM), députée de la sixième circonscription (à laquelle est rattachée Carrières-sous-Poissy, Ndlr), a interpellé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner (LREM) : « Pouvez-vous s’il vous plaît, nous renseigner sur les moyens que le gouvernement met en place afin que les forces de l’ordre puissent agir efficacement tout en garantissant leur propre sécurité ? […] Comment mieux prendre en compte les remontées du terrain et la souffrance des forces de l’ordre ? »

« J’ai demandé de mettre en place des dispositifs d’accompagnement », lui a répondu le ministre. Il a aussi avancé le déblocage de « 300 millions d’euros » pour construire de nouveaux commissariats et gendarmeries et « 50 millions d’euros » alloués à de « grosses » réparations.

PHOTO : CAPTURE ECRAN – BFMTV