L’Amicale laïque des jeunes – ALJ Gymnastique de Limay compte dans ses rangs des licenciés pas comme les autres. Pendant deux heures, à hauteur d’une fois par semaine, une douzaine d’adultes autistes se succèdent et viennent pratiquer la gymnastique adaptée dans le gymnase de l’association sportive. « Ils font partie de notre section handicap et ont une licence. C’est un conventionnement mis en place avec le foyer pour adultes autistes L’orée des bouleaux (situé à Limay, Ndlr) depuis quatre ans maintenant », explique Marie-Pierre Marchand, la présidente du club de gymnastique.

Ces séances de gymnastique adaptée sont très importantes pour les résidents de L’orée des bouleaux. Au-delà du partenariat d’inclusion sociale, qui leur permet d’accéder à la vie extérieure du foyer d’accueil médicalisé, cette activité leur offre la possibilité de travailler leurs capacités sensorielles différemment.

« Les autistes ne perçoivent et ne ressentent pas les mêmes choses que nous. Ils ont des hypersensibilités par rapport aux différences de hauteur, à l’ouïe et au toucher. La gymnastique adaptée va les aider à améliorer leur motricité dans l’espace », informe Christelle Mihailovic, la chef de service éducatif du foyer.

Chaque mardi matin, Abygaëlle accueille donc deux groupes du foyer L’orée des bois et prépare des parcours gymniques adaptés aux spécificités de ses résidents. La coach sportif en gym est également éducatrice spécialisée dans le handicap, ce qui facilite sa compréhension des besoins de ce public. « Je mets en place un parcours avec différents ateliers : marcher en équilibre en suivant une ligne, saut à pieds-joints dans des cerceaux, franchissement d’obstacles, déstabilisation sur sol instable et travail de balance à la main sur les barres asymétriques », détaille‑t‑elle.

Les 12 autistes gymnastes sont divisés en deux groupes. Les plus débrouillards arrivent dès 10 h et se lancent dans 30 minutes d’exercice. « Ils font le parcours plusieurs fois, à leur rythme avec mon aide et celle de leurs deux éducatrices spécialisées présentes. Une fois qu’ils l’ont fait deux à trois fois, la récompense, c’est le trampoline pendant les dix dernières minutes. Ils adorent ça », poursuit Abygaëlle. Le deuxième groupe, moins autonome, arrive durant l’heure suivante et suit le même programme avec moins de facilité.

Yvan est très introverti au foyer. Et pourtant, sur les tapis de gym ou le trampoline, c’est celui qui est le plus expressif et le plus débrouillard.

« Les séances sont volontairement courtes pour ne pas les lasser. Chacun à son caractère et il faut savoir s’adapter à eux, à leurs humeurs. Mais forcément, on s’y attache fortement » sourit la coach de 24 ans à la fin de la séance. De son côté, Christelle Mihailovic constate des progrès chez ses résidents.

« Ils adorent sortir du foyer, voir du monde et leur prof de gym. Ça réduit leur peur des autres et grâce à la régularité des séances, on ressent vraiment des améliorations dans leur comportement et leur assurance », considère la chef de service éducatif en prenant l’exemple des escaliers que certains arrivent désormais à emprunter en autonomie.

Les résidents présents à ces cours de gym ont été choisis en fonction de leurs difficultés et des progrès qu’ils doivent faire dans leur projet personnel. Mais la notion de plaisir n’est pas à oublier pour autant. « Prenez l’exemple d’Yvan, conclut Christelle Mihailovic, au foyer, il est très introverti. A la gym, il arrive à s’exprimer, à rire et à se sentir plus à l’aise dans son corps. Et c’est bien là l’essentiel. »

L’ALJ Gymnastique de Limay en recherche de partenaires

Créé en 1995 par Marie-Pierre Marchand, qui en est aujourd’hui encore la présidente, L’ALJ Gymnastique de Limay est considéré comme un club phare au niveau du sport dans la ville. Et pour cause, avec 263 licenciés, cinq sections de pratiques différentes dont la compétition, le loisir et la section sportive scolaire, l’association affiliée à la fédération française de gymnastique tourne aujourd’hui à plein régime. Un entraîneur salarié à temps plein fait également partie de l’équipe éducative du club de gymnastique féminine. « Tout ce qu’il nous manque, ce sont des partenaires qui pourraient nous soutenir financièrement pour continuer à développer le club, confie Marie-Pierre Marchand, nous en recherchons actuellement et en avons besoin pour renouveler le matériel et éventuellement engager un deuxième entraîneur. »

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES