L’étang des Fonceaux, à Achères, n’est aujourd’hui presque plus. Cet ancien paradis des pêcheurs est en plein chantier de remblaiement et laisse, peu à peu, sa place au futur Port seine métropole ouest (PSMO). Voulue par Ports de Paris, cette plateforme de 100 ha a pour but de favoriser le transport fluvial des matériaux de construction et ainsi désengorger les routes des poids lourds.

Seulement voilà, dans la zone de ce chantier estimé à 122 millions d’euros se trouve l’étang des Fonceaux, qu’il faut donc ensevelir pour permettre l’acheminement des camions au site. Les travaux de construction du port devraient démarrer à partir de 2020. Depuis plusieurs dizaines d’années, une association de pêche achéroise avait fait de ce plan d’eau son repère. En 2016, la centaine de pêcheurs a été priée de quitter les cabanes et les sept ha d’eau.

Au fil des années de pratique, cette passion de la pêche avait poussé les membres de l’association à investir dans l’achat de poissons pour garnir la population naturelle déjà présente dans l’étang. « Un vrai pêcheur ne pêche pas son poisson pour le manger, tout le monde ici rejetait son poisson, rapporte Mario Verlay, représentant de l’ancienne association. Ce qui fait qu’aujourd’hui encore, il y a des milliers de poissons dans l’étang, qui vont se faire ensevelir sous la terre. » Il y a deux ans, au moment où les pêcheurs avaient dû plier bagages, Marc Honoré (DVD), le maire d’Achères, cherchait des solutions pour déplacer les poissons. La mairie d’Achères est en effet propriétaire de cet étang depuis le 23 décembre 2014. « L’objectif est de savoir comment on va enlever correctement l’ensemble des poissons présents dans l’étang, pour cela, on va travailler avec le carrier GSM et les pêcheurs », avait-il répondu à La Gazette en Yvelines.

Mais les travaux de remblaiement avancent, l’étang des Fonceaux se réduit comme peau de chagrin, et les pêcheurs n’ont jamais été contactés au sujet du déplacement de leurs poissons. Ces derniers s’entassent désormais dans le tout petit plan d’eau restant, auquel plus aucun pêcheur n’a accès. « Il y en a pour 47 500 euros minimum de poissons achetés par l’association là-dedans, regrette Mario Verlay, factures en mains. Il y avait des carpes cuir de plus de 100 ans, des magnifiques carpes koï devenues immenses, ou encore de l’esturgeon. »

L’ex-membre de l’association de pêche maintenant dissoute n’attend pas de dédommagement mais souhaite la survie des poissons : « Ce sont tout de même des êtres vivants qui, pour la plupart, valent de l’argent et méritent mieux que de finir ensevelis. » Contactée, la mairie d’Achères n’a pu commenter l’information dans les délais impartis à publication.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES