Ils espéraient une rencontre avec le sous-préfet, elle n’a pas eu lieu. Vendredi 7 novembre, une vingtaine de Roms occupant un squat sur un terrain appartenant à l’Etablissement foncier d’Île-de-France, accompagnés de militants du collectif Romyvelines et de la Ligue des droits de l’homme, se sont rassemblés devant la sous-préfecture.

Un arrêté d’expulsion ayant été pris le 15 octobre dernier par le maire de Buchelay, il leur aurait été signalé que leur expulsion serait « imminente et inévitable », précise Alain Boudou, président de la section locale de la Ligue des droits de l’homme. Les Roms comme les militants déplorent l’absence de solution comme d’accompagnement, ou tout du moins un manque d’informations sur leur devenir.

Les familles sont arrivées depuis le mois de juin dernier, en provenance du bidonville fraîchement démantelé de la « plaine des déchets » de Triel-sur-Seine. « Nos enfants vont à l’école, au collège, décrit une jeune mère de famille. Je ne dors plus la nuit, j’ai peur que la police arrive. » Une bénévole de Romyvelines, qui les suit depuis une dizaine d’années, analyse : « Ce sont les familles les plus précaires qui sont venues ici. Il n’y a eu aucun suivi social. »

Les familles sont arrivées depuis le mois de juin dernier, en provenance du bidonville de Triel-sur-Seine fraîchement démantelé.

Le bidonville triellois présentait des conditions d’hygiène déplorables, mais compteurs électriques et toilettes y avaient été installés, ce qui n’est pas le cas à Buchelay. « Les risques sont réels, reconnaît Alain Boudou de la salubrité des lieux, où rats passent et fils électriques pendent. Évidemment, le but n’est pas qu’ils restent là, mais que des solutions soient trouvées en amont, qu’ils sachent ce qu’il va se passer. »

Devant les grilles de la sous-préfecture, un père de famille évoque un « stress » et ne « plus manger » à cause de la situation. « Vous les laissez sans savoir ce qu’il vont devenir, sans savoir s’ils dévront être enlevés de l’école le lendemain, cela empêche leur intégration », déplore une éducatrice intervenant auprès des enfants.

Du côté de la préfecture, il apparaît rapidement que la demande se soldera par un refus. « On entend ce que vous dites, ce sera transmis, mais on ne peut pas vous recevoir », explique une agente préfectorale. « Il y a un manque de dialogue complet, répond Alain Boudou. Ils essaient d’obtenir un rendez-vous avec l’assistante sociale depuis des semaines, on leur propose un rendez-vous le 27 novembre, ils ne seront peut-être plus là. »

Les associations avaient déposé un recours. Ce lundi 19 novembre le tribunal administratif de Versailles a suspendu le processus d’expulsion des Roms indique Le Parisien

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES