En juin 2017, la petite commune de Saint-Martin-la-Garenne accueillait son épicerie. Mustapha Ayad, le gérant, réalisait alors son rêve d’enfant (voir encadré, Ndlr). Une année et quelques mois plus tard, la boutique comme son patron de 44 ans ont pris de l’assurance. Ils font désormais partie de la vie des habitants du village d’environ 1 000 habitants, mais pas uniquement : il dessert une bonne partie de la rive droite du Mantois.

Car le petit commerce d’appoint est, depuis son ouverture, le seul à être ouvert tard le soir, jusqu’à 23 h, voire plus. « Il y a beaucoup de personnes que ça dépanne de pouvoir venir le soir pour faire des petites courses, et pas seulement des gens du village », fait remarquer Mustapha Ayad. Ouvert six jours sur sept, de 9 h à 23 h, l’épicier, ex-chauffeur de maître à Paris, propose d’autres services que la seule vente de denrées et de boissons.

« Il n’y a pas de boulangerie dans le village, donc je fais du dépôt pain. Je réceptionne également les colis, énumère-t-il. Le fait que je ferme tard, ça arrange pas mal ceux qui n’ont pas le temps, avec leur travail, de venir récupérer leur colis dans la journée. » Cette fonction de point relais colis lui permet d’attirer des clients résidant essentiellement sur les hauteurs de la rive droite de la Seine ainsi que dans le Vexin, qui ne viendraient peut être pas naturellement dans son épicerie.

« Je m’entends bien avec les villageois, les clients aiment bien se confier et moi je suis content d’être là pour eux […], termine le gérant. Cette première année a été très positive, surtout l’été. »

L’homme a d’autres projets qu’il souhaiterait mettre en place une fois l’épicerie stabilisée. « J’aimerais beaucoup faire de la livraison pour les personnes âgées, c’est quelque chose que je voulais faire dès le début, mais malheureusement, je n’ai pas eu beaucoup de demandes. Je garde toujours cette idée dans un coin de ma tête. » Il ambitionne également de travailler avec des producteurs locaux, et de proposer des produits issus de l’agriculture bio.

Difficile de ne pas évoquer la vente d’alcool lorsque l’on parle d’un commerce qui ferme à 23 h. « C’est malheureux à dire, mais c’est une triste vérité. C’est l’alcool qui me rapporte le plus », concède le quadragénaire Cette vente de boissons alcoolisées est rendue possible grâce à la licence 3 qu’il possède. Et c’est toute la rive droite qui en profite. « Ce ne sont pas que les habitants du village qui viennent en acheter, note l’épicier. Ça vient vraiment de partout. »

Grâce à ce permis d’exploitation, il peut ouvrir une terrasse et permettre à ses clients de profiter des beaux jours en été. Cafés, chocolats, glaces et alcool titrant en-dessous de 18 degrés, peuvent être servis par Mustapha Ayad. Cette année, avec les fortes chaleurs qui ont duré bien après la fin des vacances, il n’a fermé sa terrasse qu’à la mi-septembre. « Je m’entends bien avec les villageois, les clients aiment bien se confier et moi je suis content d’être là pour eux […], termine le gérant. Cette première année a été très positive, surtout l’été. »

Pourquoi Eliane ?

« J’ai décidé de donner ce nom à l’épicerie pour ma maman qui est décédée, c’est son prénom », se souvient celui que tous les clients appellent Mr Oleson, en hommage à l’épicier de la série américaine :  « Aussi, quand j’étais petit, j’étais fan de La petite maison dans la prairie, je regardais tout le temps cette série avec mes parents. » L’enfant qu’il était avait alors pris l’habitude d’affirmer que le jour où il serait grand, il ouvrirait une épicerie. « Ma mère rigolait quand je lui disais ça, et au final, j’ai fini par réaliser mon rêve, donc cette épicerie, c’est aussi un clin d’œil à ma maman », conclut l’ancien chauffeur de maître à Paris.

PHOTOS : LA GAZETTE EN YVELINES