Le foyer du lycée privé Notre-Dame des Oiseaux était rempli durant la pause méridienne de ce vendredi 9 novembre. Plus d’une soixantaine de lycéens a assisté à la présentation de l’association Et pourquoi pas nous. Fondée il y a trois ans par une professeure de SVT, elle vise à lutter contre l’isolement et l’exclusion en agissant principalement auprès des personnes âgées.

Tous les quinze jours, en fonction des disponibilités, un binôme de lycéens se rend chez une personne afin de lui apporter un peu de compagnie. La fondatrice souhaiterait maintenant étendre ces rencontres auprès d’autres personnes handicapées ou en congé maternité, recevant peu de visites.

Sortir de sa zone de confort, rencontrer des personnes différentes seraient aussi bénéfiques aux adolescents qui s’y livrent. « Au départ, il n’y avait que quatre élèves, on ne savait pas si ça allait plaire ou non », se souvient la fondatrice. Son collègue, enseignant en physique-chimie, distribue le formulaire à remplir dans les rangs.

Déjà, certains lycéens s’appliquent à décrire leurs motivations et leurs expériences dans le bénévolat, afin de pouvoir participer au dispositif. Séréna, en Terminale S, est l’une d’elles. « J’ai envie de sortir de ma zone de confort, de rencontrer des personnes d’un âge différent, explique l’adolescente qui envisage de devenir ingénieur-chimiste ou médecin. J’aime beaucoup aider, faire plaisir. »

Geneviève Francisco, 83 ans, a elle été visitée l’an dernier par deux binômes. « L’une des jeunes filles venait d’arriver au lycée, elle ne connaissait personne, ne se sentait pas à l’aise au début, se souvient l’octogénaire. Petit à petit, elle s’est ouverte, s’est confiée. Aujourd’hui nous sommes toujours en contact. »

Gabrielle et Mathieu, qui ont déjà participé au dispositif l’année dernière, rassurent également leurs camarades. « Au début, il y aura des blancs, c’est normal », prévient le lycéen. Sa camarade ajoute que ces rendez-vous « étaient l’occasion de faire une pause, c’était agréable de penser à autre chose ». Joséphine, en Terminale ES et venue avec des amies, n’est pas forcément inquiète : « J’aime bien être avec des gens, je pense que ça va le faire. Et puis j’aimerais bien qu’on le fasse pour mes grands-parents. »

Présent également, Hubert François-Dainville, adjoint en charge de l’action sociale, insiste sur la notion de « respect » des personnes visitées. « Vous entrez dans la vie de ces personnes qui vous acceptent, vous n’avez pas de jugement à porter sur la façon dont ils vivent, précise-t-il. Vous devez les respecter sur ce qu’elles vont vous dire. »

Pour l’enseignante de SVT ayant fondé ces rencontres, c’est aussi l’occasion de montrer que parmi les jeunes se trouvent des « pépites ». Elle précise : « On essaie aussi de faire changer l’image qu’ont les gens des jeunes, de montrer qu’ils sont responsables, capables de faire de belles choses. Pour eux aussi, c’est un moyen de leur redonner confiance. »

Elle souhaiterait élargir le champ d’action du dispositif et visiter également des personnes en situation de handicap ou en congés maternité. « C’était un souhait dès le départ de lutter contre l’exclusion à tout âge, indique-t-elle. Nous allons passer par la protection maternelle infantile et les sages-femmes pour trouver des personnes intéressées. » L’année dernière, une jeune femme d’une vingtaine d’années avait aussi reçu la visite de lycéens.

PHOTO : LA GAZETTE EN YVELINES